« On
a tous besoin d’entendre certaines choses. Il suffit souvent
d’un mot pour faire arriver ce qui doit nous arriver. Mais je
sais exactement ce qui peut m’advenir et je n’attends pas
d’elle (la voyante) des révélations : je veux avant tout
communiquer avec son énergie »
Gérard Depardieu(2)
Les
coulisses de la voyance
Par
Marie-Lore Staudt(1), voyante à Paris
Je suis contactée régulièrement,
depuis 1999, par les médias pour me prononcer sur mon métier
de voyante et je suis malheureusement obligée de décliner 90%
des émissions qui me sont proposées, parce que je ne les
trouve pas dignes.
Je me suis souvent posé la
question à savoir pourquoi notre profession faisait couler
tant d’encre? Sans doute parce qu’elle intrigue et ne
s’explique pas pour l’instant. Comme la capacité de notre
cerveau, nous sommes loin d’en avoir fait le tour.
Je me propose à travers la
rubrique « Les coulisses de la
Voyance » dans le Guide de la Voyance, de
vous parler du métier de la voyance.
Je vais demander aux voyants qui
sont interrogés de faire le point sur ce que racontent les
médias sur la profession ainsi que les clients et tous ceux
qui font cette profession : les indépendants, les cabinets
de voyance, les services audiotel, les services sms, les
chaînes câblées à thème, les sociétés marketing…
Vous lirez intégralement, les
pensées noir sur blanc des voyants et de leurs clients. Parce
que: « On ne peut pas parler des esquimaux, si on ne mange pas
du phoque et qu’on ne parle pas leur langue. "(3)
Vous allez découvrir grâce à
cette nouvelle rubrique « Les
Coulisses de la Voyance » notre profession vue sous
un angle différent. Je constate qu’une nouvelle clientèle
consulte depuis quelques années maintenant et je pense qu’il y
a également une nouvelle génération de voyants.
Dans Psychologie Magazine(4) de
juillet/août, j’ai lu un article sur les « mécanismes
psychologiques des voyants » et j’ai décidé de commencer
par ce sujet d’actualité. Voyants et clients, c’est à vous de
vous exprimer ! Je souhaite créer une dynamique de dialogue.
Comme l’ont fait les voyants et
les clients interrogés, merci de nous donner aussi vos
réactions(5) et vécus sur cette «Enquête» et « Contre-Enquête »
(après l’avoir lue entièrement), dont le but n’est pas de
porter un jugement mais de parler au plus juste de ce métier.
Voici les deux questions posées à
chacun :
Vous sentez-vous concerné
par cet article ?
Qu’en pensez-vous par
rapport à votre propre expérience ?
Extraits de l’article:
« Avant d’aborder mon avenir
grâce aux cartes, elle va me parler de mon passé et de ma vie
actuelle. La plupart des voyants mettent un point d’honneur à
débuter la consultation par cette rétrospective. Une façon de
tâter le terrain et d’établir la relation. »
(…) « Il se dégage très
nettement chez eux une aptitude à présenter des états modifiés
de conscience, un refus viscéral de leur pulsions agressives
et la conviction d’avoir un don, de faire partie des élus (….)
Le consultant est pour eux, par définition, une être en
souffrance, en manque dont il leur faut combler les failles.
(…) Il faut « mériter » la consultation : par une angoisse
suffisamment parlante qui va interpeller les idéaux de
réparation du voyant. »
(…) « Selon les psy qui se
sont penchés sur la question, les voyants sont souvent des
individus fragilisés par une enfance difficile, constellée de
deuils, de séparations. Beaucoup ont connu la maltraitance ou
ont été victimes d’abus sexuels. (…) Devenus adultes, ils ont
tendances à projeter sur le consultant la souffrance qu’ils
ont eux-mêmes vécue. »
(…) « Djohar Si Amed insiste
également sur la quête de reconnaissance, d’amour qui anime
les voyants, et qui peut virer au désir de maîtriser le
consultant.
(…)D’ailleurs rares sont ceux
qui supportent que ce « pouvoir » soit remis en question.
« Les voyants veulent êtres devins du futur, dont ils croient
détenir seul les clés, c’est leur fantasme, avance la
psychanalyste.
(…)Pourtant les prédictions
qui se disent prémonitoires et qui ne sont en fait qu’une
lecture d’un désir conscient ou inconscient du consultant font
l’essentiel des consultations. »
(…) « Le grand mystère de la
voyance est ailleurs :
La voyance nous sert à
assouvir l’un de nos principaux fantasmes : croire que
l’avenir est écrit et, de préférence, sous la forme d’une
belle histoire où, finalement, tous nos désirs seront
satisfaits. »
(…) Et tant que nous aurons
besoin d’étancher notre soif de rêve, elle survivra. »
(…)Arrêtez de
voir des voyantes et allez consulter un psy.(…)
MARIE-CLAIRE
ESTEVIN(6)
voyante dans le Sud Ouest
J’ai questionné M-Claire
Estévin pour savoir si elle était au courant de cette
enquête :
« Je savais que la journaliste de
psychologie allez venir me voir, mais plus dans un cadre
personnel, que professionnel. Je lui est fait la consultation
comme à un consultant normal. A la fin de la consultation,
elle m'a dit qu’elle écrirait un article ,e pensais plus que
ce serais à la lecture de mon livre(7), plutôt qu’un test !
Il est très difficile à un
journaliste d’écrire sur une voyante, car cela reste malgré
tout un peu tabou.
Je ne peux juger la personne qui
est venue me consulter, elle a fait ce qu’elle pensait devoir
faire!
La critique n’est pas mauvaise,
même si elle me semble un peu générale. Je n’ai plus
l’article en tête mais j’ai retenu qu’elle avait été
« bluffée ».
La journaliste a entendu sur
elle, ce qu’elle devait entendre, c’est cela l’important pour
moi.
Le temps et l’avenir exécutera
son œuvre, nous pourrons alors reparler de la consultation. Une consultation, c’est la communion des âmes, un moment
important pour le consultant où je lui donne son trousseau de
clef, à lui, qui a son propre libre arbitre, de choisir la clef
de sa destiné . Je dis souvent : « je vous dirai ce que je
vois, ce que je sens, mais peut-être pas ce que vous voulez
entendre ! »
Voilà Marie-Lore. »
Marie-Claire
Brigitte
Guillot-Faccini(8)
voyante en région parisienne
MISE AU POINT EXTRALUCIDE
Voyant mais pas psy de
remplacement
En réaction à l'enquête "Que
voient les voyantes ?" parue dans le magazine "Psychologies"
de Juillet-Août 2006, il semblait bon de revenir sur quelques
points cruciaux pour éviter de semer la confusion dans les
esprits. Lassée par ces préjugés encore trop vivants et
voyante de son état depuis plus de 10 ans, je souhaite
rappeller que la mission d'un professionnel éclairé et
sérieux, n'est certainement pas de déresponsabiliser le
consultant soucieux de son avenir.
"Un voyant compétent
demeure une lanterne afin que l'être puisse prendre la
décision qui lui incombe".
A l'opposé d'un psy, qui écoute
parler son patient, le voyant se doit de dévoiler ses
prédictions sans influences extérieures pouvant entraver sa
démarche. D'ailleurs, un professionnel de la voyance averti ne
se substituera jamais à une psychanalyse recommandée suite à
une demande légitime. Si, pour beaucoup, la voyance reste un
moyen salutaire pesant lourd sur les décisions au cœur d'une
vie, elle fait surtout figure pour certains de balise utile
sur un chemin tortueux.
Comme on peut le lire dans
l'encadré présenté page 68 du célèbre et édifiant magazine
"Psychologies", " Ne prenez pas les voyants pour des
psys", le thérapeute a pour vocation d'aider le patient à
"redevenir le maître de son destin". Ceci se
présente alors comme un argument analogue aux deux pratiques
mises en concurrence, si l'on considère évidemment la voyance
sérieuse et responsabilisante. Et contrairement à ce qui suit
la citation ci-dessus, le voyant compétent n'a nullement pour
vocation initiale de "s'immiscer dans le vécu du consultant
comme une "mère trop comblante et protectrice". Si le
voyant peut apaiser son consultant en le ménageant avec
empathie au fil des révélations qu'il découvre, son devoir est
toujours de responsabiliser celui venu lui réclamer une aide.
En voyance, une orientation permet ainsi à l'être de puiser
en lui-même SES propres réponses, et SES propres clés d'avenir.
Aidé de ce qu'il aura entendu en consultation, se déclenchera
peut-être pour le consultant un déclic afin de le mener à se
prendre en charge pour résoudre ses problèmes. Je préfère
insister là encore sur l'importance de demeurer le "seul
et unique maître de sa destinée". Mon travail
s'axe essentiellement vers cette perspective pour ses
consultants. Encore faut-il se trouver face à un voyant
compétent, non muni d'un ego tentaculaire assoiffé par la
cupidité ! Cette situation n'a rien de fatal, car il existe
fort heureusement de très bons professionnels de la voyance.
Je me prête toujours de bonne foi
à de nombreux tests, et ce qui ma rend heureuse dans
l'accomplissement de ma tâche extralucide : "Je trouve
que la plus grande récompense que puisse obtenir un
professionnel sérieux, c'est qu'un jour, les consultants
n'aient plus besoin de mon aide !" Est-ce ici le
propos d'une "mère trop comblante, ou trop
protectrice ? " Non. En tout cas, en
professionnelle passionnée, j’aimerais vraiment que ma
profession regagne ses lettres de noblesse et surtout, qu'elle
ne soit plus entachée par des charlatans qui font planer sur
elle l'ombre sournoise du préjugé. De plus, il semble
insultant de mettre en doute la capacité de bon sens et le
sens critique des consultants.
En revanche, un voyant honnête ne
prétend aucunement remplacer l'aide d'un psy. La comparaison
s'avère déplacée vu les critères développés ci haut entre les
deux professions.
Néanmoins, si certains voyants
fabulent et réclament des confidences de la part de leur
consultant, la relation peut très vite se détourner du but
initial, voire devenir malsaine et aliénante.
D'autre part, si des charlatans
non scrupuleux se glissent dans la jungle de cette profession
tant décriée, il en va de même pour tous les corps de métier,
c'est indéniable. Comme d'autres collègues, j’en suis fort
consciente et le déplore vivement.
"On reconnaît l'arbre à ses
fruits" (Saint
Matthieu), si en effet, un voyant véhicule de bonnes énergies,
il ne pourra qu'exercer un travail favorable au sein de son
antique métier.
Dans le cas contraire, si un
voyant semble propager des énergies liées au contrôle d'autrui
au nom de la profession, le résultat sera à l'image de cette
mauvaise éthique.
Cependant, discréditer trop
hâtivement une poignée de professionnels compétents à cause de
ces faits discutables, reviendrait à régresser en des temps
obscurs tel la Grande Inquisition. Cette sentence injuste
serait tout autant condamnable pour tous ceux qui exercent
leur métier dignement et qui font la satisfaction de leurs
consultants. Consulter ponctuellement un voyant que l'on juge
correct et que l'on désigne mûrement de son plein gré peut
permettre une assistance non négligeable, du moment que rien
n'aliène l'être.
Il faut dire que les voyants
possèdent cette précieuse faculté qui leur attire également
bon nombre d'envieux, bien que chacun ait en lui-même les
moyens si souhaités de développer et user de ce "don". Ils
savent depuis longtemps, ou depuis toujours, écouter leur
intuition, cette petite "voix intérieure" qui leur permet de
lire au cœur des êtres.
Cette évidence ne constitue
certes pas une preuve palpable pour un individu purement
rationnel qui refusera souvent ce "pouvoir" qu'il a sur
lui-même. "Pouvoir" qui, s'il l'activait, lui servirait dans
l'existence, lui préférant, peut-être pour se rassurer, des
professions ayant nécessité de longues études.
Toutefois, parler d'une soit
disant concurrence entre voyants et psys serait regrettable,
puisque finalement, les deux peuvent co-exister sans ombrage
au sein d'une société où l'harmonie est souvent un luxe à
atteindre.
Que chacun soit libre
de juger vers quelle énergie il compte tendre, le principal
étant d'y trouver son bonheur, pourvu que le guide soit celui
qui corresponde le mieux pour éclairer sa destinée.
ALEXIS
TOURNIER(9)
Voyant
à Lyon
« Il se dégage très nettement
chez eux une aptitude à présenter des états modifiés de
conscience, un refus viscéral de leur pulsions agressives et
la conviction d’avoir un don, de faire partie des élus (….) Le
consultant est pour eux, par définition, une être en
souffrance, en manque dont il leur faut combler les failles.
(…) Il faut « mériter » la consultation : par une angoisse
suffisamment parlante qui va interpeller les idéaux de
réparation du voyant. »
Des voyants de ce
genre, on doit bien en trouver un bon nombre dans cette
corporation non réglementée où n’importe qui peut s’installer
du jour au lendemain mais cette vision est un peu réduite à
ceux là uniquement !
Personnellement je
suis convaincu que la voyance n’est pas un don réservé à une
élite. Tous les êtres humains possèdent à un certain niveau de
développement une capacité d’intuition, une capacité psy de
perception extrasensorielle. Il appartient à chacun de la
développer comme peut se travailler n’importe quel talent
artistique.
Quant aux
consultants, il faut arrêter de croire que seuls les
dépressifs consultent. J’ai dans ma clientèle toute sorte
d’hommes et de femmes qui ne vont pas nécessairement mal ! On
ne consulte pas un voyant parce qu’on a systématiquement une
montagne de problèmes. Faire un point à un moment donné de sa
vie en recueillant l’avis objectif d’une personne qui ne sait
rien de vous, est souvent la motivation saine et principale de
ceux qui me rencontrent…
« Selon les psy qui se sont
penchés sur la question, les voyants sont souvent des
individus fragilisés par une enfance difficile, constellée de
deuils, de séparations. Beaucoup ont connu la maltraitance ou
ont été victimes d’abus sexuels. »
Oui, c’est
possible. Les problèmes dans l’enfance reviennent de temps en
temps dans le discours des voyants qui expliquent comment
s’est développé leur capacité. Mais cela n’est pas le cas de
tout le monde. Je connais des voyants (j’en fais parti), qui
ont eu une enfance heureuse et normale, pas plus difficile que
la moyenne. L’hypersensibilité des voyants est-elle fatalement
du à une enfance problématique ? Pas pour tous.
« Devenus adultes, ils ont
tendances à projeter sur le consultant la souffrance qu’ils
ont eux-mêmes vécue. »
*
Bien sur qu’il y a probablement
des voyants qui projettent sur leurs consultants leurs propres
problèmes, leurs idéaux ou même leurs fantasmes. Mais le
problème de la projection n’est pas propre à la voyance, la
projection est le piège principal de toute relation d’aide
entre un thérapeute et un patient. Tous les psys peuvent
tomber sur cet écueil.
Un voyant qui a travaillé sur
lui en suivant lui-même une analyse par exemple et qui a du
recul sur son métier, peut tout à fait contourner ce
problème.
« Djohar Si Amed insiste
également sur la quête de reconnaissance, d’amour qui anime
les voyants, et qui peut virer au désir de maîtriser le
consultant. (…)D’ailleurs
rares sont ceux qui supportent que ce « pouvoir » soit remis
en question. « Les voyants veulent êtres devins du futur, dont
ils croient détenir seul les clés, c’est leur fantasme, avance
la psychanalyste.
(…)Pourtant les
prédictions qui se disent prémonitoires et qui ne sont en fait
qu’une lecture d’un désir conscient ou inconscient du
consultant font l’essentiel des consultations. »
Il y a bien des voyants qui
croient en la fatalité et qui sont persuadés de connaître en
détail le destin futur de leurs consultants. Ceux là sont
dangereux car sous leurs bonnes intentions, ils peuvent
manipuler leurs consultants et les mener tout droit à la
dépendance voire à l’escroquerie.
Résumer les voyants à cette
image d’Epinal de voyant-gourou c’est faire l’impasse sur les
voyants sérieux et la nouvelle génération de professionnels
qui aujourd’hui se définissent d’avantage comme des « coachs
de vie » en s’engageant souvent déontologiquement à optimiser
le libre arbitre des consultants plus qu’à leur débiter un
flot de prédictions redondantes et faciles qui font plaisir à
entendre.
Les arts divinatoires, par les
symboles et les archétypes qu’ils véhiculent, permettent de
comprendre le passé et l’actualité de quelqu’un ou d’un
problème. Ils fixent une trame générale qui permet d’anticiper
l’avenir en donnant des points de repères très concrets. Ce
sont des directions, des conseils à suivre, des mises en garde
que le consultant est libre de suivre ou non pour avancer dans
sa vie.
« La voyance nous sert à
assouvir l’un de nos principaux fantasmes : croire que
l’avenir est écrit et, de préférence, sous la forme d’une
belle histoire où, finalement, tous nos désirs seront
satisfaits. »
Peut-être qu’en effet, de
nombreux consultants sont dans cette expectative. Et c’est
paradoxalement une attitude dangereuse lorsqu’on consulte un
voyant. En tant que praticien, je refuse de croire que tout
est écrit comme dans un livre. Des lignes directrices existent
probablement mais le libre arbitre de chacun est entier, quoi
que l’on puisse dire. Des liens de cause à effet subtils
régissent tous les événements que l’on vit, toutes les pensées
que l’on nourrit. En ce sens, nous sommes maîtres de notre
destin.
La voyance est utile pour
éclairer la route, donner du sens aux événements, mieux se
connaître. Lorsqu’on l’aborde sous cet angle non caricatural,
une consultation chez un voyant sérieux et doué, peut se
révéler tout aussi aidant qu’une thérapie. Il s’agit de deux
démarches totalement différentes qui peuvent parfois se
retrouver dans une réelle complémentarité.
STANISLAS
DELORME(10),
voyant
dans l’est de la France
« Avant d’aborder mon avenir
grâce aux cartes, elle va me parler de mon passé et de ma vie
actuelle. La plupart des voyants mettent un point d’honneur à
débuter la consultation par cette rétrospective. Une façon de
tâter le terrain et d’établir la relation. »
Je suis
d’accord avec ce principe. Il s’agit d’établir une relation de
confiance entre le voyant et son consultant. C’est aussi une
façon de voir qu’on est sur la bonne voie et dérouler ensuite
le fil de l’avenir. Pour moi, cette étape est très importante.
Elle dure, bien souvent, une dizaine de minutes. Je sais à ce
moment si la consultation est sous le signe de la réussite ou
non. A défaut, si je n’arrive pas à établir ce rapport de
confiance, j’arrête la consultation et ne demande aucun
honoraire à mon consultant. C’est faire preuve d’honnêteté de
dire qu’on ne ressent rien. Le phénomène de voyance ne
s’explique pas. Il apparaît ou non.
(…) « Il se dégage très nettement
chez eux une aptitude à présenter des états modifiés de
conscience, un refus viscéral de leur pulsions agressives et
la conviction d’avoir un don, de faire partie des élus (….) Le
consultant est pour eux, par définition, une être en
souffrance, en manque dont il leur faut combler les failles.
(…) Il faut « mériter » la consultation : par une angoisse
suffisamment parlante qui va interpeller les idéaux de
réparation du voyant. »
Je ne suis
pas d’accord. Il est vrai que beaucoup de consultants sont en
souffrance. Mais, ce n’est pas le cas de tous. Certains
consultants ont besoin de faire un point sur leur vie, leur
avenir ou alors lors de décisions importantes aussi bien sur
un plan professionnel que personnel.
(…) « Selon les psy qui se sont
penchés sur la question, les voyants sont souvent des
individus fragilisés par une enfance difficile, constellée de
deuils, de séparations. Beaucoup ont connu la maltraitance ou
ont été victimes d’abus sexuels. (…) Devenus adultes, ils ont
tendances à projeter sur le consultant la souffrance qu’ils
ont eux-mêmes vécue. »
Pour mon
cas personnel, pas du tout ! Je n’ai connu aucune souffrance
dans mon passé. Je ne suis pas non plus fragilisé. J’ai la
tête sur les épaules et les pieds sur terre. Je ne projette
donc pas à mon consultant des expériences vécues.
(…) « Djohar Si Amed insiste
également sur la quête de reconnaissance, d’amour qui anime
les voyants, et qui peut virer au désir de maîtriser le
consultant.
(…)D’ailleurs rares sont ceux
qui supportent que ce « pouvoir » soit remis en question.
« Les voyants veulent êtres devins du futur, dont ils croient
détenir seul les clés, c’est leur fantasme, avance la
psychanalyste.
(…)Pourtant les prédictions qui
se disent prémonitoires et qui ne sont en fait qu’une lecture
d’un désir conscient ou inconscient du consultant font
l’essentiel des consultations. »
Je ne prétends pas avoir un
pouvoir ni d’avoir la science infuse. J’ai une sensibilité que
j’ai développé avec le temps. Si je peux aider les autres par
mes ressentis et bien tant mieux. Je ne veux en aucun cas être
un gourou. Je dis aussi qu’une ou deux consultations par an
suffisent largement. Le consultant doit garder son libre
arbitre. Mon rôle est de lui éclairer le chemin de son avenir
en lui apportant quelques conseils, rien de plus.
(…) « Le grand mystère de la
voyance est ailleurs :
La voyance nous sert à
assouvir l’un de nos principaux fantasmes : croire que
l’avenir est écrit et, de préférence, sous la forme d’une
belle histoire où, finalement, tous nos désirs seront
satisfaits. »
(…) Et tant que nous aurons
besoin d’étancher notre soif de rêve, elle survivra. »
Il est vrai que certains
consultants ont besoin de rêve et d’y croire, pourquoi pas.
Mais, un grand nombre d’entre eux sont à la recherche de la
vérité. Tout n’est pas écrit. C’est au consultant d’écrire son
avenir. Le voyant donne des fragments de ce que sera son
avenir, des indications. Il prévient. Il est un messager. »
Interview
de Yaguel DIDIER,
voyante à Paris
Malheureusement Yaguel est en
vacances, je me suis permis de retranscrire quelques une de
ses réponses à une interview de
Laurence Haloche dans
un numéro de décembre 2002 du magazine Madame Figaro que vous
pouvez retrouver sur son site(111)
Quel terme vous
définit le mieux : pythie, devineresse ou tout simplement
voyante?
Le mot voyante a de
nos jours une connotation si péjorative... Clairvoyante serait
plus approprié ou médium : celle qui fait le lien entre les
deux mondes.
Quelles sont les
motivations des personnes qui vous consultent ?
Une inquiétude pour un proche,
le besoin d'être rassuré ou de contrôler davantage une
situation... Les préoccupations sont, il est vrai, souvent
égocentriques, mais pas seulement. Beaucoup de gens viennent
aussi pour parler. La solitude des femmes et des hommes est
effrayante.
Jamais vous ne
vous trompez ?
Si, bien sûr ! J'ai même le
sentiment de devoir faire de plus en plus d'efforts pour être
à la hauteur. C'est souvent de toute bonne foi que l'on commet
une erreur d'interprétation, de télépathie... L'humilité est
indispensable. Le médium n'est pas investi de tous les
pouvoirs. Nous ne pouvons tout voir, tout résoudre. Le don
repose sur quelque chose de si impalpable, de si immatériel
qu'il faut avoir conscience des limites et des dangers que
cela implique.
Le risque est-il
pour vous ou pour les autres ?
Pour les deux. La personne qui
consulte est généralement fragilisée. Le plus beau cadeau que
vous puissiez lui faire est la bienveillance. Et puis, la
vision ne suffit pas. L'intuition, la psychologie, le respect,
l'amour sont essentiels. Une mauvaise voyance peut bousiller
une personne. J'en connais.
Quelles sont les
évolutions que vous avez constatées ?
Aujourd'hui,
les interrogations sont moins factuelles et plus spirituelles.
J'ai, par exemple, énormément d'hommes d'affaires qui ont une
vraie démarche pour aider les autres. L'aide aux mourants
n'existait pas avant. A l'évidence, les gens ont davantage
envie de travailler sur eux-mêmes, de se connaître. De plus en
plus de personnes en analyse viennent me consulter.
Dans ce cas, n'y a-t-il pas
confusion des rôles ?
C'est souvent à la demande de
psy que je les reçois. Nous arrivons ensemble à dénouer des
nœuds, à avancer. Je connais parfaitement mes limites et
n'hésite jamais à orienter une personne vers un spécialiste.
Et le dernier
refuge où se bercer d'illusions ?
Il peut se dire des choses
très dures. L'épreuve, seule, permet d'évoluer, de se remettre
en cause.
Vous croyez en
Dieu ?
Je
suis très croyante. Je serais d'une philosophie beaucoup plus
bouddhiste de par mon parcours... Mais pas une bouddhiste pure
et dure. J'ai été élevée dans la foi chrétienne, je crois en
Dieu et je crois dans la force de la prière.
Marion,
cliente de voyants, chef d’entreprise, 33 ans
« Ma voyante n'est pas (mon) Dieu
!
C'est une personne comme vous et
moi qui a développé ses capacités de communication
extrasensorielle, par le fruit de son travail : exercices
pratiques et hygiène de vie.
Quand je la rencontre, je vais
bien... merci !
Ni dépressive. Ni paumée. Ni
dépendante.
Ma demande est d'entendre "à
travers elle" des informations auxquelles je n'ai pas moi-même
accès, pour éventuellement: me donner une chance de
mieux orienter mes choix futurs; être prête à l'instant T ;
oser saisir des opportunités; traverser plus sereinement les
épreuves; avoir un autre regard sur le sens de ma vie.
Chaque consultation est un
voyage ENTRE aujourd'hui: ma vie, mes
actes, mes envies - et plus tard : les
résultats, les ouvertures, les encore "?" ENTRE une
gare de départ : ici et maintenant - et des
gare d'arrivées : les prédictions. Ce qui sépare ces
deux lieux : un paysage inconnu et un chemin aux mille
possibilités.
Ma voyante
a perçu les étapes finales, il m'appartient de bâtir le reste
du voyage. S'il me tente. Si je suis prête pour
l'entreprendre. Si
j'agis.
Car, quoi qu'il en soit,
je reste le libre arbitre de cette
aventure qu'est ma vie. »
J-Jacques, clients de voyant, 38 ans, cadre.
Je ne me sens pas concerné par
cet article , c’est même assez loin de ce que j’ai vécu. On
voit bien que ce qui est retranscrit dans l’article est une
vision de l’extérieur, une compilation de poncifs dans le
style du magazine qui milite pour que les gens prennent leur
vie en main. Malheureusement leur intervention reste un
jugement moral sur « les guérisseurs » d’un côté et « les
malades » de l’autre.
Il en ressort une impression que
le rôle des voyants est d’exploiter financièrement et/ou
mentalement les personnes qui viennent les solliciter.
C’est vrai qu’il m’est arrivé de
penser avant de connaître ma voyante, qu’une voyante ou un
voyant pouvait nous influencer en livrant le futur. La
responsabilité incombe aussi aux « patients » qui viennent
avec une fausse idée de ce qu’est un voyant. Ils pensent qu’il
suffit de donner de l’argent pour parvenir à effacer ses
problèmes, ils exigent une obligation de fins sans implication
alors qu’ils doivent se remettre en cause, se dire:
« finalement tout cela ne dépend que de moi ».
« Avant
d’aborder mon avenir grâce aux cartes, elle va me parler de
mon passé et de ma vie actuelle. La plupart des voyants
mettent un point d’honneur à débuter la consultation par cette
rétrospective. Une façon de tâter le terrain et d’établir la
relation. »
Ma voyante fait en sorte que
l’on ne vienne pas en touriste. Je commence par chercher une
question qui m’oblige à faire un constat de ma vie actuelle.
Mais, souvent elle parle d’autres choses qui lui semble
intuitivement plus essentielles et on ressort avec l’idée que
notre préoccupation initiale n’a vraiment aucune importance.
En fait, il faut être très curieux et très désireux de faire
évoluer les choses dans le bon sens et surtout ne pas se
raconter de mensonges, car la consultation remet vite les
points sur les « i » …
« Il se
dégage très nettement chez eux une aptitude à présenter des
états modifiés de conscience, un refus viscéral de leur
pulsions agressives et la conviction d’avoir un don, de faire
partie des élus (….) Le consultant est pour eux, par
définition, une être en souffrance, en manque dont il leur
faut combler les failles. (…) Il faut « mériter » la
consultation : par une angoisse suffisamment parlante qui va
interpeller les idéaux de réparation du voyant. »
On vient avec son « problème » en
consultation c’est vrai - mais, c’est plutôt une rencontre ,un
échange, vous repartez avec une sorte de G.P.S qui vous aide
à prendre du recul.
On se rend compte alors, avec un
peu plus de discernement, que les remarques sont emplies de
bons sens, elles sont justes et simples. Je préfère parler de
Clair-voyance que de voyance parce que je n’y vois rien de
mystérieux. Il s’agit juste de règles d’hygiène
comportementale à respecter avec soi-même d’abord, puis avec
les autres( se respecter, s’accepter avec ses défauts,
accepter de se tromper, etc…)
Si la manipulation peut exister
dans certains cas extrêmes, elle existe parce que les
« clients » sont des complices parfois inconscients. Ils ne
souhaitent peut-être pas s’investir dans leurs problèmes,
parce qu’ils ont peur de ce qu’ils vont découvrir sur eux
même, ils n’y sont pas prêts. Ce n’est pas toujours facile de
ce retrouver face à soi-même.
« Selon les psy
qui se sont penchés sur la question, les voyants sont souvent
des individus fragilisés par une enfance difficile, constellée
de deuils, de séparations. Beaucoup ont connu la maltraitance
ou ont été victimes d’abus sexuels. (…) Devenus adultes, ils
ont tendances à projeter sur le consultant la souffrance
qu’ils ont eux-mêmes vécue. »
C’est difficile de se projeter
sur des gens auxquels on ne ressemble pas .Ma voyante a quand
même une sensibilité particulière, une intelligence des
situations qui la met bien au dessus de certains psychologues
d’expérience que je côtoie dans mon cercle familial. Je la
perçois comme une personne plutôt saine, équilibrée et bien
dans sa peau.
Elle me
respecte sans me mentir.
« Djohar Si
Amed insiste également sur la quête de reconnaissance, d’amour
qui anime les voyants, et qui peut virer au désir de maîtriser
le consultant.
(…)D’ailleurs
rares sont ceux qui supportent que ce « pouvoir » soit remis
en question. « Les voyants veulent êtres devins du futur, dont
ils croient détenir seul les clés, c’est leur fantasme, avance
la psychanalyste.
(…)Pourtant les
prédictions qui se disent prémonitoires et qui ne sont en fait
qu’une lecture d’un désir conscient ou inconscient du
consultant font l’essentiel des consultations. »
En fait, c’est un plaisir pour
moi « en tant que consultant » de ressentir qu’on a un peu
plus de prise sur notre vie. On ne se sent plus esclave de nos
émotions comme la peur, le manque de confiance ou l’angoisse …
Le recul qu’amène le voyant est une libération. Le plaisir
vient du fait que l’on se sent davantage responsable de ce qui
va advenir après la consultation et on peut alors regarder
avec du recul les évènements défavorables par lesquels on
passe. On en comprend mieux la signification et soudainement
on ressent intuitivement qu’on va approcher de la solution. Là
il faut apprendre à lâcher-prise. J’y travaille depuis des
mois.
« Le grand
mystère de la voyance est ailleurs :
La voyance
nous sert à assouvir l’un de nos principaux fantasmes :
croire que l’avenir est écrit et, de préférence, sous la forme
d’une belle histoire où, finalement, tous nos désirs seront
satisfaits. »
(…) Et tant
que nous aurons besoin d’étancher notre soif de rêve, elle
survivra. »
Pourquoi vouloir toujours montrer
du doigts la voyance alors que le mécanisme est le même dans
le sport de haut niveau (supporters) , la politique
(militantisme ) ou même la publicité .
On a tous tendance à vouloir
placer notre vie et nos problèmes personnels dans les mains de
quelqu’un d’autre pour se déresponsabiliser et se dégager d’un
éventuel échec. Cela nous demande moins d’efforts et semble
plus facile. C’est humain, mais c’est un leurre.
Un jour, on prend conscience et
souvent suite à un mal être qu’on doit se faire aider par
quelqu’un d’autre que nous. Un médecin, un psychologue ou un
voyant, chacun, je crois, est libre de choisir son « coach »
ou son accompagnant. S’il est bon, c’est gagné. Le maître ne
se présente-il pas lorsque l’élève est prêt ?
Catherine 49 ans,
Psychologue
« Il m'est arrivé à
différentes étapes de ma vie, dans des moments de doute
,d'anxiété, de faire appel à des voyantes. Certainement pour
calmer mes tensions, me faire voir un chemin que je ne voyais
plus, ou que je ne pensais pas voir.
J'ai rencontré
des gens très différents. Il me semble donc un peu abusif de
décrire de façon aussi générale tous les voyants. Il y a
certainement des voyants blessés, en souffrance, mais comme
chez les "psy", il y a des professionnels qui sauront faire le
tri entre leurs difficultés personnelles et celles de leur
clients et d'autres qui projetteront leur demande d'amour, de
pouvoir, de domination, etc…
Je n'en ai pas rencontré qui se "nourrissaient"de ma
souffrance", de mes angoisses. Mais il est vrai que le"danger"
vient peut-être de ce moment de vulnérabilité qui nous rend
très perméable à ce qui se dit.
Et alors sans doute certaines
prédictions se réalisent (phénomène de prédictions
réalisant ?)
Que le voyant se mette dans un
état modifié de conscience ? Certainement, et pourquoi pas;
c'est peut-être ce qui lui permet d'être en contact avec
l'inconscient du client, ou avec quelque chose de plus vaste
qui nous dépasse tous?
En conclusion, mais le sujet est bien vaste, j'ai été gênée
par cette généralisation au sujet des voyants, il y a des gens
honnêtes et des charlatans.
Maintenant au vue des prévisions
qui m'ont été faites, certaines se sont réalisées, beaucoup
n'ont pas eu lieu. Mais je reconnais que le décryptage du
présent et du futur proche était souvent "bluffant".
Le futur plus lointain... bof,
et surtout les prévisions différaient d'un professionnel à
l'autre. »
Yves
Richez(12) 37 ans, coach.
Je réponds à votre demande avec
intérêt, mais sans concession.
Réflexion sur la voyance !
Voilà un thème intéressant pour
un auteur, un chercheur, la voyance. Parlant de voyance, je ne
peux m’empêcher de penser au sociologue Michel Maffesoli et à
son ouvrage, « la part du diable ». La voyance semble être
l’une des parts d’ombre de notre société, ce plis qui ne se
lisse pas, qui ne s’explique (expli-care, lisser les
plis). Il semble, ainsi, que ce plis démange, gratte, les
biens pensants et pseudo scientifiques qui amalgament
régulièrement science et idéologie, car n’oublions pas, pour
rappel, que le terme donné à une théorie sans plis, est dogme
(puisqu’elle n’est pas biodégradable), bref !
Depuis longtemps, j’étais
intrigué par cette voyance et j’avais bien envie de « tester »
ce plis obscur de notre Société. Qui choisir ? C’est un ami,
qui du haut de son rationalisme cartésien, son athéisme bien
ancré, me donne la réponse lors d’un dîner. Ce dernier me
confie au détour d’une discussion (que je provoque), qu’il a
consulté trois ans auparavant une seule fois. Il en garde un
souvenir étrange qui a créé une brèche dans le mur de ses
certitudes. Il semble que toutes (ou presque) les
« prémonitions » se soient réalisées, avec une marge d’erreur
proche de zéro. Il semble aussi que la personne lui ait donné
des éléments sur son histoire de vie que lui seul connaissait.
Ne recevant que sur recommandation, je lui demande s’il
acceptait de me recommander, ce qu’il fit (après quinze jours
de réflexion). Venant de terminer mon ouvrage, je me disait
qu’une voyance pour prédire le succès ou non de ce dernier,
était intéressant, puisque cela ne me touchait pas
directement. Je planifiais donc, mon attitude, mon
questionnement, ma réserve et ma distance. Je le faisais très
occidental = plan, projection, action.
Deux mois plus tard, me voici
sorti de cette rencontre. Je me souviens être arrivé avec ma
« page blanche », pas d’à priori, juste étonné que cette
personne me demande par téléphone mon prénom et mon signe
zodiacal.
C’était il y a deux ans environ.
Evidemment tout ce que j’avais prévu ne s’est pas réalisé
(erreur de débutant, je n’ai intégré ni les circonstances, ni
le principe du chaos, soit, la condition initiale). A peine
assis, la personne me regarde, me dévisage presque, et
commence par me faire part d’élément de ma vie actuelle et
passée, comme si elle continuait une discussion pas terminée.
Je n’avais pas ouvert la bouche (à part, bonjour) et n’avais
communiqué, ni dans ma posture, ni dans mon regard, ni dans
mon état psychique une quelconque information. Il faisait
beau, j’avais bien dormi, tout allais bien dans ma vie, donc,
ni angoissé, ni contrarié, ni en attente de quoi que ce soit.
Ce qu’elle m’a dit
m’appartient évidemment,
mais, forcément, la précision des propos principaux m’a
questionné. J’avais prévu de ne rien dire pour ne pas l’aider,
en effet, je soupçonne un certain nombre de voyants de
possédant une intelligence interpersonnelle de qualité
(qualité propre aux professions dits d’accompagnement), ce qui
favorise évidemment, l’écoute de l’autre.
J’ai sorti mon manuscrit sans lui
dire qu’il venait d’être accepté par une maison d’édition.
Elle « voit » ce » dernier accepté, incessamment ou déjà. Elle
me pose la question, j’acquiesce (pourquoi mentir ?). Avec le
recul, nombre de « prémonitions », les plus saillantes
(précises, incluant dates, lieux, personnes, états) ne me
concernant pas se sont réalisées. D’autres, mineures ne sont
jamais arrivées (où je ne m’en suis pas rendu compte). A part
deux ou trois « révélations », les notions de temps sont
erronées.
Mes conclusions ! Rappelons bien
que lorsque je dis « mes », cela n’engage que moi, à l’instant
où j’écris avec mon référentiel théorique, mon histoire de
vie, mes « croyances ».
Avant toute chose, je n’ai pas de
réponse, je n’ai même pas de suggestions, mais j’ai des
questions.
·
Je me suis demandé en quoi
une « prophétie », telle que l’ont d’ailleurs abordée
Rosenthal & Jacobson dans leur ouvrage « Pygmalion à
l’école », peut conduire la personne à créer de manière
consciente ou non consciente les actions visant à justifier la
dite prédiction.
·
Dans la même idée, je me
suis questionné sur l’action du cerveau, qui par exemple peut
mettre en place un processus peu connu mais pourtant
« redoutable » : la rétropropagation neuronale, ou, l’aptitude
du cerveau à réduire l’écart entre les réponses actuelles et
les réponses désirées. Ce qui entend évidemment, le fait que
si une personne est faible mentalement, elle ne peut maîtriser
l’ascendant de processus sur elle-même.
·
Je me suis questionné sur
le pouvoir évident et envoûtant de la personne qui « voit ».
Sa voix, son physique, son regard, son pouvoir de savoir
(puisqu’elle a accès potentiellement à l’infini des
savoirs du temps et de l’espace) sur notre ignorance, peuvent
potentiellement mettre la personne fragile en état de
dépendance. Là, les dégâts sont potentiellement grave
(idem d’ailleurs pour tous les métiers de soins et
d’accompagnement)
·
Je me suis questionné sur
la dite intelligence interpersonnelle de la personne (Je
renvoi, comme références théoriques d’abord à Gardner, puis à
Goleman). Capacité d’empathie, capacité à percevoir et à
analyser les émotions de l’autre, son état, sa capacité
d’ascendance. Ethiquement, l’utilisation d’un tel « pouvoir »
est-il maîtrisable, canalisable ? Faut-il certifier les
« voyants » par d’autres « voyants » - sans ironie ?
·
Je me suis questionné sur
le pouvoir de pré-cognition, c'est-à-dire l’aptitude à
posséder le savoir avant que l’action ne se soit réalisée. Ce
qui pose de nombreuses questions : est-il possible qu’un être
humain puisse percevoir dans les brèches d’un espace-temps
(une forme inconnue de « trou de ver » visant non pas à
voyager dans le temps, mais à voir des «photos » ou des
« vidéos » de ce temps à venir ou passé) l’avenir d’un
individu. Est-ce un don capable de percevoir les données du
« troisième monde », la dite noosphère ? Elle-même une théorie
spéculative, passionnante, mais à ce jour sans fondement.
Je n’ai pas de réponse
(heureusement), je n’ai que des questions qui de mon vivant ne
connaîtront pas d’explications (en ai-je envie ?). Je ne vois
pas comment qui que se soit peut se prononcer dessus, tout
comme nul ne peut se prononcer sur les grands mystères qui
composent notre monde d’aujourd’hui. Je sais juste que lors de
cette rencontre, sans possible accès à mon historie de vie par
la dite personne, cette dernière a « vu » des informations du
passé impossibles à acquérir par des voies « normales ». Mais
soit, elle les a eu, soit par cet ami, soit par Internet, soit
par une relation à la gendarmerie ou Interpole (compliqué et
pas très rentable mais bon !), les informations sur le futur
sont plus dures à
inventer. Je n’ai fait ni
catégorisation, ni analyse statistiques, mais j’ai pu observer
l’évidente réalité, lorsque le « propos » dans son détail est
arrivé.
Est-ce bien ou mal ? Éternelle
question sur le pouvoir de dire « ça c’est bien, ça c’est
mal ». Je pense que d’autres le penseront pour moi.
Si cela a changé ma vie, non,
puisque j’aime les plis et la recherche. Est-ce que j’y
crois ? Ni oui, ni non, j’ai juste intégré dans mon paradigme
ce nouveau plis à mes questions sans réponse.
Enfin, pour toute personne qui
souhaiterait en savoir plus concernant mon «expérience », ces
quelques lignes seront les seules que je consacrerai à ce
thème, car ce que j’avais à en dire est écrit. Il me semble en
effet, que certains mythes ou certaines croyances sont sans
issues. La voyance en fait partie.
Stéphane,
photographe, 32 ans