|

Marie-Claire ESTEVIN,
est née en Italie à
Castel del Piano en
Toscane. En
1959 sa famille émigre
dans l'Ariège. Son père
est bûcheron et
accordéoniste, sa mère
possède une voix
exceptionnelle. Elle a
aussi un autre don :
celui de la cartomancie
qui lui permet de lever
le voile sur l'avenir de
ses prochains.
1988, est l'année
marquante de cette jeune
futurologue. En effet,
Patrice Horval,
journaliste à Radio
France Toulouse,
l'invite à faire des
prédictions en direct
sur l'antenne. Les
Toulousains sont charmés
par la formule et la
fiabilité des
« visions » de
Marie-Claire. Ce
rendez-vous devient très
vite populaire et le
standard de la radio est
vite saturé.
Marie-Claire Estevin
conçoit son métier comme
une mission passion et
considère chacun de ses
consultants comme un
être unique avec qui
elle dresse les
différents éléments du
puzzle d'une vie.
La Rédaction :
Comment définiriez-vous
votre activité ?
Marie-Claire Estevin :
Concernant mon
activité : je me
définirais comme étant
une intermédiaire au
service des autres.
La Rédaction :
Quand
avez-vous eu votre première
expérience de voyance.
Pouvez vous nous parler
de vos débuts ?
Marie-Claire Estevin :
Je ne peux réellement
parler de mes premières
expériences, car cela
remonte à ma petite
enfance. Par contre, je
croyais lorsque j'étais
une enfant que tout le
monde était comme moi,
aisément je pouvais
savoir ou deviner les
pensées les plus
secrètes, les plus
intimes des autres.
C'est en grandissant et,
grâce à mes
interlocuteurs qui
restaient surpris de ce
que je pouvais annoncer
que j'ai compris que
j'avais « le don de
voyance », leurs
réponses étaient
toujours les mêmes et
celles-ci
s'interprétaient
toujours par ces mêmes
questions : « comment le
sais-tu ? » « Qui te
l'a dit ? » « Pourquoi
dis-tu ça ? ». En fait,
pour moi c'était clair,
je le savais déjà.
J'avais déjà toutes les
réponses sans que
personne ne me pose de
question.
Tout de suite, j'ai su
que j'impressionnais, je
faisais même parfois
peur par mes
prédictions. Lorsque
j'étais à l'école
maternelle religieuse,
je pleurais, mon cour
était gonflé de chagrin,
la sour qui nous
surveillait s'approchait
de moi et elle me
demandait pourquoi
j'avais un tel chagrin ?
Je la regardai et je lui
répondis : maman est à
l'hôpital et elle est
très malade ! La sour
était stupéfaite et
interloquée par ma
réponse. Elle me dit :
mais non, ne t'inquiète
pas, c'est ta maman qui
t'a accompagnée ce
matin, elle va bien, je
l'ai vue. Mais rien ne
me consolait, je savais
que maman ne serait pas
là, pour me préparer mon
goûter ou pour m'aider à
apprendre mon alphabet.
La sonnerie avait
retenti sous le préau
et, maman n'était pas
là. Notre voisine
s'approcha vers la sour
et, elle lui dit : je
viens chercher
Marie-Claire car sa
maman vient d'être
hospitalisée.
Ensuite, je n'ai pas
calculé le nombre de mes
prédictions et elles
sont nombreuses. C'est
ainsi, et ce doit être
inscrit dans mes
chromosomes, du moins,
c'est mon explication !
La Rédaction :
Comment
se passe une
consultation avec vous ?
Quel est son
déroulement ?
Marie-Claire Estevin :
Une consultation se
déroule simplement. Je
demande la date, le lieu
et l'heure de naissance
de la personne qui me
consulte, je lui demande
aussi son prénom. Je la
regarde, je la rassure,
je prends sa main dans
la mienne et je me
laisse aller à mes
ressentis. Je vais lui
parler de son enfance,
de sa vie en général, de
ses peurs, de ses
angoisses, de ses
envies, de ce qu'elle
vie et, de ce qui lui
arrivera.
Ensuite je prends un jeu
de cartes ordinaires, je
lui parle encore d'elle,
de son entourage, de ses
inquiétudes, de son
travail, de l'amour, de
ses enfants !
Je termine par un jeu de
tarot et, ensuite la
personne me pose des
questions.
La Rédaction :
Lors
d'une consultation, que
voyez-vous ? Avez vous
des flashs, des
ressentis, travaillez
vous avec des
supports. ?
Marie-Claire Estevin :
Mes supports sont : des
jeux de cartes
ordinaires et des jeux
de tarots.
Je vous ai dit, tout à
l'heure, que je ne suis
qu'une intermédiaire.
Et, j'analyse mon don de
voyance ainsi : si on
veut bien me laisser
entendre ou voir, je
reste persuadée que
c'est l'union des âmes.
La plupart du temps,
je suis étonnée,
moi-même, de ce que je
peux ressentir. Je pense
que je suis
clair-audiente et,
médium, bien entendu !
La Rédaction :
Le
courant passe -t-il de
la même façon avec tous
les consultants ?
Marie-Claire Estevin :
Je dois vous répondre
que non, le courant ne
passe pas toujours de la
même façon. Il y a des
gens qui veulent tout
savoir et, ensuite ils
sont déçus car je leur
dis ce que je vois et
non pas ce qu'ils
veulent entendre.
La Rédaction :
Jamais
vous ne vous trompez ?
Marie-Claire Estevin :
Maintenant je ne suis
pas Dieu, je ne suis pas
la parole d'évangile. Je
parle avec mon cour, je
pense être sincère.
Je leur dis : vous
pouvez prendre des
notes, c'est important.
Mes consultants
enregistrent aussi,
quelquefois, les
consultations. Il peut
arriver que pour
certaines prédictions,
les événements soient
éloignés. Je leur dis,
alors qu'il faut prendre
patience et ce n'est pas
en consultant tous les
jours un voyant que les
événements vont arriver
plus tôt.
Le consultant doit se
sentir en confiance.
C'est pour cela qu'il
est bon de parler de son
passé, car si je ne me
trompe pas sur le passé
du consultant, j'ai des
chances de ne pas me
tromper dans son
avenir.
La Rédaction :
Selon
vous, notre destin
est-il déjà tracé ?
Marie-Claire Estevin :
Je pense que le destin
de chacun d'entre nous
est inscrit dès la
naissance mais
malheureusement, je ne
peux pas changer la
fatalité. C'est pourquoi
la voyance joue un rôle
important, car si au
cours d'une consultation
je vois une action
défavorable pour le
consultant, je fais en
sorte de le prévenir,
mais je ne peux pas
faire le choix à sa
place, je le laisse
libre arbitre !. Et
ainsi, que le destin
s'accomplisse.
La Rédaction :
Etes vous
tentée d'utiliser pour
vous même ? Si oui
est-ce possible ?
Marie-Claire Estevin :
La voyance vient à moi
et, je n'ai pas à
l'utiliser, c'est elle
qui s'impose à moi.
Parfois il y a des
événements qui vont
arriver que je ne
souhaite pas. Et sachez
que cela ne m'empêche
pas de faire des bêtises
si j'en ai envie. En
fait, je ressemble
beaucoup à mes
consultants, mais pour
eux, je sais trouver les
mots, et j'essaie
toujours d'avoir l'art
et la manière de leur
communiquer une nouvelle
qui n'est pas facile à
dire.
Je ne peux pas utiliser
ce don de voyance pour
moi-même car, je subis
non seulement la
voyance, mais aussi tous
les phénomènes
parapsychologiques.
La Rédaction :
La
voyance de nos jours...
Quel constat faites- vous
de son utilisation ?
Marie-Claire Estevin :
La voyance, de nos
jours, est devenue aussi
un fléau car dans ce
domaine, il y a des abus
car certains voyants
font tout et n'importe
quoi. Chacun a ses
raisons, et surtout, je
ne suis ni un juge ni un
flic ni un avocat, mais
parfois son utilisation
me fait pleurer.
La voyance sert à voir
les choses en avance,
pour éviter de faire le
pire, je pense aussi
qu'il faut mériter ce
que l'on vous dit, si
vous êtes loyal avec le
voyant, le voyant
donnera tout ce qu'on
lui transmettra de dire.
La Rédaction :
Une
Journée avec
Marie-Claire Estevin,
c'est quoi ?
Marie-Claire Estevin :
Mes journées sont celles
d'une mère, la famille,
le travail de la maison
(j'adore cuisiner, pour
faire plaisir), les
grands enfants, le mari,
les animaux, le jardin
et les oiseaux.
J'aime la musique qui a
bercé toute mon enfance.
La peinture, la
sculpture, le cinéma, le
théâtre, je suis une
bonne vivante qui a
beaucoup, beaucoup
d'amis. Je dis souvent
la vie ne vaut rien
mais, rien ne vaut la
vie.
|