Originaire de Saint-Léger-lès-Paray, Stanislas Delorme pratique sans ambiguïté, depuis 17 ans, un métier peu courant : voyant.
Certains deviennent boulangers, vétérinaires ou journalistes. D’autres se lancent dans la voyance. Non pas qu’ils ne soient pas nombreux, mais rares sont ceux qui l’affichent ouvertement.
Sur sa maison charolaise, une plaque annonce clairement la couleur. « Les gens sont souvent interloqués que je fasse ce métier et uniquement cela. En soirée, ils me posent
souvent beaucoup de questions. Alors, je ne le dis pas forcément tout de suite.
"Je dis parfois que je travaille dans l’informatique."
« Quand j’ai commencé, mon entourage était assez sceptique sceptique, voire carrément contre et ils sont surpris de voir que ça marche. Pourtant, j’ai quelques membres de ma famille qui sont un peu médiums. ». Tel un coming-out, Stanislas Delorme a décidé de faire de son don son métier et d’avoir pignon sur rue. « C’est comme cela, d’ailleurs, que l’on repère les arnaqueurs. Ceux qu’on ne peut pas joindre au téléphone, qui n’ont pas d’adresse. »
Stanislas Delorme ne se cache pas. A tel point qu’il participe régulièrement, depuis le début du mois de mars, à une émission sur IDF1, une chaîne de la TNT. « L’émission dure trois quarts d’heure et je réponds à des appels. » L’émission rencontre un énorme succès. « Il y a parfois jusqu’à 500 à 700 appels par émission. » Stanislas prépare également l’horoscope
pour 80 radios locales en France. « J’ai aussi créé mon site internet il y a 7 ans. »
Sur la porte d’entrée de sa maison de Saint-Léger-lès- Paray, un petit mot vous invite à sonner, entrer, puis à patienter dans la salle d’attente. Comme chez le médecin. D’ailleurs, Stanislas Delorme nomme ses séances des consultations. Comme un médecin, il vous reçoit
dans son cabinet tandis que le téléphone sonne sans cesse et qu’il garde un oeil rivé sur son ordinateur. « Je reçois sur Chalon, Le Creusot, Montpellier et beaucoup à Paris maintenant. Je pratique la tarologie, la voyance directe, avec photos ou par téléphone, ou encore par Internet.» Stanislas Delorme est aussi un businessman qui a du mal à décrocher. « En vacances, j’ai du mal à éteindre l’ordi, je réponds au téléphone.»
Voyant, businessman et vedette télé
Une hyperactivité qu’on imagine difficilement conciliable avec le métier de voyant, qui demande pourtant concentration et calme. « Je me mets en condition. Une consultation, ça se prépare. Avoir un don, c’est une chose, mais encore faut-il le travailler en ayant une bonne hygiène de vie. Quand on est soi-même perturbé, ça ne marche pas. » Stanislas affirme que depuis petit, il « ressent » des choses, voit des événements. « Ce sont des petits signes qu’on peut interpréter. » Comment ça marche ? A-t-il des visions ? « Je ne sais pas moi-même comment ça marche.Alors, je ne me pose pas de questions.» Parfois, il est victime de voyance spontanée. « Ce sont des éléments que je perçois soudainement et qui, généralement, vont se produire dans un avenir proche. En consultation, c’est de la voyance provoquée. Je vais les interroger, leur sortir les cartes. J’ai généralement affaire à des personnes qui sont en période de doute, qui s’interrogent sur leur avenir. Pour certains, c’est l’amour, mais avec la crise, il y a beaucoup de questions sur le travail. »
Et si le voyant n’était finalement qu’un psychologue plus fin ? « Il y a indéniablement une part de psychologie. Notamment dans l’art et la manière d’annoncer les événements. Il faut être sûr que la personne est apte à les entendre. De même, je ne peux pas donner de notions de temps sur les événements. J’ai annoncé par exemple à une femme qu’elle allait quitter son mari. Elle m’a demandé quand, mais je ne pouvais pas lui répondre. » Les prédictions n’influencent-elles pas finalement les choix ? « Il peut y avoir une influence, mais chacun conserve son libre arbitre.
"J'ai accompagné une équipe TV dans une maison hantée"
Je ne dicte pas de choix. » Parfois, ça ne marche pas. «Des pannes, j’en ai déjà eu. Il y a des jours où je ne ressens rien. Dans ce cas, je peux décaler le rendezvous ou ne pas faire payer. » Et si on n’y croit pas ? « Si la personne est réfractaire, ça a peu de chance de marcher. »
Curieux avant tout, Stanislas Delorme a participé, il y a peu, au pilote d’une émission
de télévision. « Je ne sais pas si l’émission sortira. En tout cas, j’ai accompagné une équipe dans une maison hantée située en région parisienne et on m’a demandé de dire ce que je ressentais. C’était vraiment très curieux. J’ai entendu des cris, ressenti vrai malaise. Je pense que cette maison ne sera plus jamais habitable et qu’elle sera rasée un jour. »
Interview réalisée pour le Journal de Saône et Loire par Caroline Musquet
Stanislas Delorme
Consultation à Paris, Dijon, Montpellier, Paray-le-Monial, Le Creusot et par téléphone
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