Retour sur « L’Enfant Medium » de Neil Terence

L’histoire de Neil Terence est exceptionnelle.

Dans le livre « L’Enfant Medium », qu’il a publié en 2008, il a raconté avec sensibilité, son parcours qui l’a conduit du Maroc à la France, d’une vie simple et spartiate aux coulisses des puissants du monde.

Mohammed, le petit paysan marocain -L’Enfant Medium – est devenu, grâce à son don de clairvoyance, l’un des mediums les plus écoutés.

Neil Terence a toujours été discret. Sa parole est rare.

Il nous fait l’honneur de nous parler de son parcours, de la voyance et de son regard sur la vie.

Rencontre.

 

 

Neil Terence, vous êtes un homme réservé. Aujourd’hui, vous acceptez de nous parler de votre cheminement, à travers votre premier livre « L’Enfant Medium ». Pourquoi maintenant ?

« L’enfant Medium » a été publié en 2008 aux éditions JC Lattès.

Je suis resté assez discret à sa sortie, j’ai en effet accordé peu d’interviews. À l’époque, J’ai été sollicité par différents médias car dans mon livre, j’ai mentionné des noms importants dont celui d’une consultante et amie fidèle, qui n’est autre que l’ex-épouse de l’un de nos anciens Présidents.

La raison d’être de ce livre n’était pas de faire le buzz, comme on peut l’exprimer ainsi de nos jours, mais de relater mon parcours de vie à la fois si difficile et si lumineux.

De plus, étant donné que je ne donne aujourd’hui que, rarement, des consultations de voyance, je reste en retrait.

Par exemple, on ne trouve pas mes coordonnées facilement.

Dix ans après la sortie de « L’enfant Medium », je reçois toujours des courriers de lecteurs, par l’intermédiaire de mon éditeur.

 

Je me suis dit qu’il serait bien de prendre la parole.

 

C’est une manière pour moi de remercier toutes ces personnes qui m’ont lu et qui m’ont offert tant d’affection avec leurs mots chaleureux.

 

Parlons de votre enfance au Maroc. Des années en solitaire, parsemées d’embuches et de révélations…

Mon enfance a été assez difficile.

J’ai vécu à Aïtourir, dans un village au milieu du désert, à une trentaine de kilomètres de Marrakech.

J’ai grandi avec mes deux sœurs et ma mère, mon père étant rarement à la maison puisqu’il travaillait dans les grandes villes pour vendre des fruits et des légumes.

Nous n’étions pas pauvres mais les conditions de vie étaient très précaires.

La vie était cadrée, carrée. Il n’y avait pas de place pour la démonstration des sentiments.

J’étais un enfant hypersensible. Un enfant pas comme les autres. Très tôt, je n’ai pas supporté la loi du plus fort ainsi que les conditions injustes des femmes musulmanes.

J’avais une confidente : ma jument Warda. Grâce à elle, je m’échappais de ce monde rude, fermé, trop pesant pour mon esprit de petit garçon.

Ma sensibilité a été heurtée de plein fouet.

Comme je le relate dans mon récit, j’ai subi une tentative d’agression sexuelle de la part du Taleb (professeur) de l’école coranique où j’étais élève.

À l’âge de cinq ans et demi, en courant sur un chemin rocailleux, je suis tombé sur la tête.

Inconscient, en sang, j’ai été transporté à l’hôpital le plus proche. Il s’en est suivi un coma de 18 mois.

Je n’ai aucun souvenir de cette période.

Ce fut un vrai no man’s land…Si ce n’est une lumière éblouissante qui voulait m’aspirer.

Et pourtant, il s’est passé beaucoup de choses durant ce temps suspendu.

Ma mère devait gérer mes sœurs et la maison, elle ne pouvait pas s’occuper de moi durant tout ce temps.

C’est ma grande tante Lalla Fatima qui a veillé sur moi. Elle habitait en face de chez nous.

Lalla Fatima avait une particularité : elle était guérisseuse et voyante. C’était une personnalité dans notre région.

Les gens venaient de loin pour la consulter. Elle était crainte mais admirée.

 

Lalla Fatima m’a insufflé son énergie guérisseuse.

 

Au bout de ces 18 mois, je me suis réveillé. Mais je n’étais plus le même.

J’ai dû réapprendre les gestes du quotidien, lentement.

De plus, j’avais des perceptions différentes des autres. Déjà hypersensible, je ressentais les individus dans mon corps, dans mon esprit.

Lalla Fatima, qui est l’héroïne de « L’enfant Medium », puisqu’elle m’a ramené à la vie, a été d’une bienveillance infinie.

Je suis allé m’installer chez elle après ce long coma. J’étais son protégé.

Après mon rétablissement, Lalla Fatima m’a appris les arts divinatoires ainsi que les différents outils pour soigner.

J’étais passionné et selon elle, doué. D’ailleurs, elle m’a proposé d’être présent auprès d’elle lors de ses consultations, puis elle m’a fait travailler à ses côtés.

Mes ressentis ont jailli de mille feux. J’étais dans mon élément.

En parallèle, je sentais que quelque chose se tramait dans ma famille.

Mon père était parti travailler en France et un jour, j’ai vu qu’il allait venir nous rendre visite sans nous avertir. C’est arrivé comme dans mon flash.

Dès lors, on m’a mis devant le fait accompli.

Ma mère, mes sœurs et moi-même allions partir nous installer en France. Mon père avait tout prévu pour notre arrivée. Il venait nous chercher.

Ce fut un déchirement. Je ne voulais pas laisser ma jument Warda, et quitter Lalla Fatima.

Ma grande tante adorée, qui était âgée, est décédée peu de temps avant notre départ. Ce fut un événement très douloureux.

Puis, pour ma jument, on lui a trouvé une nouvelle famille en Camargue, en France. Elle aussi a fait le voyage et d’ailleurs je suis allé souvent la voir, grâce à mon père.

 

 

Alors que vous étiez âgé de 11 ans, votre famille s’installe à Ambert au cœur de l’Auvergne. Le début d’une nouvelle vie pleine de promesses…

Après plusieurs jours de voyage pénibles et fatigants, nous avons posé nos valises à Ambert au cœur de l’automne. Mon père qui travaillait depuis deux ans dans cette cité auvergnate, nous avait trouvé un logement avec tout le confort nécessaire. Moi, le petit Mohammed, qui n’avais pas d’eau courante au Maroc (mais juste un puits), j’étais subjugué de voir de l’eau couler à tous les étages de la maison ! C’était le luxe pour nous.

Mon père s’était occidentalisé très rapidement. C’était la mode des « pattes d’éph » et il aimait s’habiller comme tous les français. Ma mère a très rapidement adopté les us et coutumes de notre nouveau pays.

C’était la liberté.

Avec mes deux sœurs ainées, nous avons été très bien intégrés à l’école.

Nous avons eu le bonheur d’avoir une enseignante d’origine bretonne, une passionnée de la langue française, qui nous a pris sous son aile.

Elle nous apprenait le français lors de notre temps libre. Je lui dois énormément.

En peu de temps, nous avons su lire et écrire comme nos camarades auvergnats.

Nous étions avides de savoir, de culture et de la découverte d’un monde moderne.

À cette époque-là, nous étions la deuxième famille étrangère dans cette ville. Les gens étaient d’une grande bienveillance, généreux et attentionnés envers nous.

Les années ont passé. J’ai grandi comme un adolescent de mon époque.

Pourtant, j’avais toujours ce comportement particulier, qui pouvait déranger, voire inquiéter mes parents.

J’étais renfermé sur moi, solitaire. Mon don de clairvoyance y était pour quelque chose mais ma famille ne l’a pas vraiment compris sur le moment.

Mes parents pensaient que si j’étais un peu « absent », c’est parce que j’avais des séquelles de mon coma…

Pour l’anecdote, je ne me séparais jamais de mes cartes (Lalla Fatima m’avait offert son Tarot divinatoire).

D’ailleurs, elles m’avaient averti d’un éloignement imminent pour moi. Son oracle ne m’a jamais trahi. Et ce départ, c’est avéré.

Après la naissance de mon petit frère, je me sentais encore plus spectateur de ma vie.

Comme à côté des autres. Là mais pas vraiment là.

Pour me donner plus de chance dans la vie, pour « m’ouvrir », mes parents m’ont proposé de m’installer chez une tante en banlieue parisienne.

Le contrat était clair : je travaillais bien à l’école et j’avais le droit de grandir dans un autre environnement.

Je suis arrivé chez ma tante Fadma.

J’ai été conquis dès mon arrivée.

Fadma était une nouvelle protectrice pour moi, même si elle n’avait pas le charisme de Lalla Fatima.

Le soir, elle surveillait mes devoirs. Elle m’a ouvert à la culture : musées, concerts, théâtre. J’étais émerveillé.

 

Fadma avait une particularité : elle était voyante.

 

Elle recevait tous les jours chez elle et elle aussi, comme Lalla Fatima, a détecté d’entrée de jeu mon sixième sens.

Elle m’a invité à participer à ses consultations.

Un jour, elle m’a annoncé qu’elle partait au Maroc. Elle me passait le relais : je devais assurer les consultations de voyance à sa place. J’ai été surpris mais content. Je recevais de plus en plus de monde.

J’étais automne financièrement. Mais je manquais de maturité et de psychologie. Je l’ai compris plus tard…

Mes parents ont eu vent de mes activités de voyant dans l’appartement de ma tante.

Branle- bas de combat !

J’ai été invité -fermement-à revenir à Ambert pour terminer ma scolarité.

Au lycée, j’ai repris mon rythme et j’ai continué la voyance en faisant des tirages à mes camarades.

Le proviseur de l’établissement scolaire, avait appris par des bruits de couloir, que je donnais des consultations, à mes camarades de classe, durant les récréations.

Il m’a alors convoqué dans son bureau. Je pensais recevoir une punition sévère. Ce ne fut pas le cas.

Cet homme bienveillant-qui n’est autre que le député André Chassaigne – a voulu en savoir plus sur moi.

Ensuite, il m’a demandé de lui faire une consultation de voyance afin de vérifier mon don.

Je lui ai donné des détails sur sa vie et lui ai prédit une carrière politique. Cela s’est vérifié quelques années plus tard…

Il était passionné par la parapsychologie. Il était lui-même charmeur de feu.

Quelque temps plus tard, il est allé voir mes parents pour leur demander l’autorisation de me conduire à Clermont, afin de rencontrer des personnes qui auraient pu m’aider.

André Chassaigne m’a dit : « Je vais te présenter à une journaliste de Radio France Puy de Dôme ». J’ai suivi le mouvement même si j’étais très timide et donc inquiet.

Un dimanche, je me suis donc retrouvé à l’antenne de cette radio.

Ce que je ne savais pas, c’est que l’on me plaçait devant un micro pour assurer une émission de voyance en direct.

Le succès a été énorme.

Les auditeurs ont téléphoné pour que je revienne à l’antenne.

Dès lors, Radio France Puy-de-Dôme m’a proposé un contrat de travail afin d’animer une émission de voyance en direct trois fois par mois.

 

J’avais 17 ans. Ma notoriété a explosé.

 

Les gens appelaient chez mes parents pour obtenir une consultation avec moi. Cela devenait infernal à la maison.

De fil en aiguille, nous avons convenu que j’allais vivre à Clermont-Ferrand.

 

TF1 a fait appel à moi pour un bref passage dans l’émission « Ciel mon Mardi ».

 

À partir de là, les journaux m’ont porté aux nues.

J’étais le plus jeune voyant de France ! (sourires)

Les demandes ne cessaient de venir de France et de l’étranger.

À peine majeur, j’ai ouvert deux bureaux. Les politiques, les hommes d’affaires mais aussi des anonymes affluaient.

Cette étiquette du « plus jeune voyant de France » a fait mouche. Le succès est arrivé d’un coup et il m’a monté à la tête.

Je gagnais beaucoup d’argent. Le week-end, je me rendais à Paris pour donner des consultations à des personnalités.

 

À 23 ans, un fait incongru m’a remis les pieds sur terre : un contrôle fiscal.

 

Et je remercie le ciel – ou le Trésor Public- d’avoir vécu un tel revirement de situation !

En quelques semaines, j’ai perdu une grande partie de l’argent que j’avais accumulé durant des années.

Je suis tombé de haut. Je me suis posé. J’ai pris conscience que j’étais lessivé par toutes ces consultations, toutes ces sollicitations.

Je devais m’extirper de cette spirale infernale.

Je suis reparti au Maroc durant plusieurs mois. Bien entendu, j’ai donné des consultations et notamment auprès de sa Majesté Hassan II qui avait déjà eu recours à mes conseils.

Mais j’ai retrouvé mes racines.

Je me suis relié à l’énergie de Lalla Fatima. J’ai travaillé ce don. Car un don doit être entretenu.

J’ai pris le temps pour pratiquer l’introspection et sonder ma conscience.

Voir la beauté en chaque chose. Que l’on soit puissant ou anonyme, sentir le sens sacré de chaque vie.

Je suis revenu en France, plus mûr, plus conscient de ma mission de vie.

Je me suis installé à Paris facilement grâce à l’aide d’une consultante qui est une amie merveilleuse.

J’ai repris mon activité de voyant en me fixant des règles : trois jours de travail par semaine, du temps pour méditer, pour respirer.

En parallèle, j’ai été repéré par une agence de mannequins alors que je déambulais tranquillement à Paris.

Moi le petit Mohammed, l’Enfant Medium, j’étais si loin du milieu du mannequinat, de la publicité, de l’apparence !

Je me suis dit : « pourquoi pas ? ». Depuis vingt ans, je pose ainsi pour des magazines, des campagnes de publicité.

Je suis aussi acteur. Ceci me permet de ne pas être dans la voyance 7 jours sur 7. Cela m’aère l’esprit.

J’ai beaucoup de gratitude envers la vie.

J’ai été protégé, aidé par des femmes magnifiques, exceptionnelles et bienveillantes.

La vie m’a enseigné à rester droit, ouvert et à sourire.

Ce livre « L’Enfant Medium », c’est mon histoire.

Elle est personnelle mais elle a une portée universelle.

Croire en la vie, aux belles rencontres et à notre force intérieure, tel est mon message en filigrane.

En découvrant la France durant mon enfance, j’ai goûté aux plaisirs de l’écriture.

J’aime écrire, mettre en mots mes pensées et mes sentiments. Je prépare une suite à « L’Enfant Medium ».

Cette bienveillance qui a jalonné ma vie malgré les accidents de parcours, je souhaite la transmettre au plus grand nombre.

Car la vie n’est que partage et amour.

 

Livre « L’Enfant Medium », Neil Terence, éditions JC Lattès.

 

 

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