La cliente de la société de voyance avait été détroussée de 340 000 €

Un an de prison avec sursis a été prononcé jeudi par le tribunal correctionnel de Nantes contre un habitant d’Antibes qui a été condamné pour « abus de confiance » sur une cliente de sa société spécialisée dans les « arts divinatoires » entre 2004 et 2008.

David Abadie-Bridoux, 36 ans, était soupçonné d’avoir encaissé 340 000 euros de la part de cette retraitée nantaise, âgée aujourd’hui de 74 ans. Peu de temps après avoir annoncé à sa voyante son intention de vendre sa maison d’Anglet (Pyrénées-Atlantiques) pour se rapprocher de ses enfants, elle avait, en effet, été contactée par un certain « Maître Dana » pour se voir proposer des « placements intéressants »…

Ce « grand maître voyant »lui avait alors fait verser une demi-douzaine de sommes en liquide, allant jusqu’à 100 000 euros, en l’espace de quatre ans. Quand la septuagénaire avait voulu récupérer son argent, ce complice présumé de David Abadie-Bridoux- qui n’a pu être retrouvé par les enquêteurs – lui avait demandé 9 200 euros de « frais d’avocat »ou encore 10 000 euros « pour accélérer la procédure »…

Joueur de poker

Le juge d’instruction soupçonnait ainsi le prévenu de s’être servi de l’argent de la retraitée pour renflouer les comptes de ses sociétés en difficulté. Ce joueur de poker invétéré aurait également dépensé les sommes collectées dans les casinos de Juan-les-Pins, Cannes ou Antibes. Des billets d’avion pour les Seychelles et des produits de luxe avaient aussi été retrouvés chez lui et sa compagne.

« Aujourd’hui, ma cliente est soignée pour dépression, avec des tendances suicidaires… », souligne l’avocate de la septuagénaire.

La victime a aussi dû déposer un dossier de surendettement auprès de la Banque de France. Depuis la vente de sa maison d’Anglet, la victime – qui demandait 12 000 euros pour son préjudice moral – a également été contrainte de louer un appartement.

« Je comprends son désarroi,déclare David Abadie-Bridoux, mais je n’aurais jamais pu faire ça : elle aurait très bien pu être ma mère ou ma grand-mère. »

Remboursement partiel

« Au terme de cinq ans d’instruction, les auteurs des faits n’ont jamais été retrouvés », avait également martelé son avocat, Me Benoit Poquet, qui avait plaidé la relaxe de son client. « On peut lui reprocher sa légèreté et le caractère nébuleux de sa comptabilité, mais cela ne constitue pas pour autant un abus de confiance. »

Le tribunal correctionnel de Nantes l’a finalement condamné à rembourser la seule somme de 77 350 euros à sa victime, en plus des 2 000 euros de dommages et intérêts. Les magistrats n’ont, en effet, pas acquis la certitude que les quelque 260 000 euros restants l’aient été à son profit personnel.

Le substitut du procureur de la République avait réclamé pour sa part deux ans de prison avec sursis et 3 000 euros d’amende. Le représentant du ministère public le soupçonnait aussi d’avoir encaissé sur son compte des chèques émanant d’autres personnes âgées, dans le cadre de sa société de voyance.

Sept clients avaient également porté plainte contre sa « société d’arts divinatoires », avait rappelé le substitut du procureur, après que leurs cartes bancaires aient été débitées sans leur consentement.

 

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