Dans un monde où la spiritualité reprend peu à peu sa place, certaines voix s’élèvent avec sincérité et responsabilité pour éclairer les chemins intérieurs. À travers son parcours personnel, Marie-Severine Trouban raconte comment les signes, les épreuves et les prises de conscience l’ont conduite à embrasser pleinement sa vocation. Entre transmission familiale, libre arbitre et accompagnement éthique, elle partage une vision profondément humaine de la médiumnité. Une parole sensible, ancrée, qui invite à comprendre l’invisible sans jamais renoncer à sa liberté. Rencontre avec une praticienne qui place l’écoute et la justesse au cœur de sa mission.
Votre parcours spirituel semble profondément lié à votre histoire personnelle. À quel moment avez-vous compris que votre sensibilité à l’invisible allait devenir une voie professionnelle ?
Avant le décès de mon père, il y avait encore en moi des questions sans réponses. J’ai toujours eu ce côté cartésien, ce besoin de comprendre, de vérifier, d’avoir des preuves avant de croire pleinement.
Avant qu’il ne parte, nous avions mis en place de nombreux signes. C’était notre façon, à lui et à moi, de chercher à comprendre le sens de la médiumnité. Pourquoi certaines informations sont transmises lors d’une consultation… et pourquoi, parfois, elles ne se produisent pas. Cette incertitude me troublait profondément, au point que je ne voulais pas exercer. J’avais besoin de sens, de cohérence.
Puis mon père est décédé.
« Et après son départ, il m’a envoyé tous les signes
que nous avions imaginés. Un à un. Sans exception. »
À travers ces manifestations, j’ai compris ce que je cherchais depuis si longtemps à comprendre. J’ai compris que lorsque certaines choses ne se produisent pas, ce n’est pas une erreur. C’est simplement que le libre arbitre est intervenu. Nos choix, nos décisions, nos prises de conscience peuvent modifier le cours des événements. Rien n’est figé. Tout est en mouvement.
Ces expériences m’ont donné les clés que j’attendais. Elles m’ont apporté la certitude intérieure qui me manquait.
Alors j’ai accepté d’exercer.
Aujourd’hui, cela fait deux ans que je me consacre pleinement à cette voie, avec confiance, avec respect, et avec la profonde conviction que je suis là pour guider, éclairer et accompagner ceux qui en ont besoin.
Vous évoquez souvent une transmission familiale. Comment cette lignée sensible aux signes a-t-elle influencé votre manière de percevoir le monde et votre médiumnité aujourd’hui ?
Cette lignée familiale m’a permis de comprendre plus rapidement ce don et ce que je vivais. Ma mère a su mettre des mots sur mes ressentis, m’expliquer, me rassurer, et m’aider à accepter ce qui se manifestait en moi.
Lorsque ce don apparaît dans une famille où personne n’a connu ou vécu cela auparavant, l’enfant est souvent incompris. Il peut se sentir seul, différent, parfois même perdu face à des ressentis qu’il ne peut pas expliquer.
Et lorsque, en plus, l’entourage est fermé à ces sujets, cela peut renforcer ce sentiment d’isolement. L’enfant apprend alors à se taire, à douter de lui-même, ou à rejeter ce qu’il perçoit, par peur de ne pas être compris.
Avoir grandi dans une lignée où cette sensibilité existait déjà m’a offert un cadre, une compréhension, et surtout la possibilité d’accepter plus sereinement ce don et de l’apprivoiser.
Pendant longtemps, vous avez tenu votre don à distance avant de l’assumer pleinement. Qu’est-ce qui a déclenché ce basculement intérieur ?
Comme je vous l’ai expliqué, ce qui a véritablement tout fait basculer, c’est le moment où j’ai enfin été capable de comprendre et d’expliquer aux personnes qui me consultent pourquoi certaines choses ne se produisent pas, alors même que l’information avait été perçue lors de la consultation.
Je ne me voyais pas dire des choses sans pouvoir en assumer le sens. Je refusais de laisser place au doute ou à l’incompréhension. Pour moi, il était essentiel d’être honnête, d’être juste, et de ne jamais donner de faux espoirs.
Ce que j’ai compris, c’est que les informations perçues correspondent à un potentiel, à une direction à un instant donné. Mais notre libre arbitre, nos choix, nos peurs, nos prises de conscience peuvent modifier ce chemin à tout moment. L’avenir n’est pas figé. Il évolue en permanence avec nous.
Aujourd’hui, avant chaque consultation, je prends le temps d’expliquer cela. J’explique aussi qu’il ne faut pas consulter trop souvent. Consulter en permanence peut bloquer les choses, créer des attentes, des peurs ou des interférences. La vie a besoin d’espace pour se déployer.
Il est important de laisser le temps aux événements de se dessiner naturellement, de laisser les décisions mûrir, et de permettre aux choses de se mettre en place au bon moment.
« Mon rôle est de guider, d’éclairer, mais jamais de figer.
Car ce sont toujours vos choix qui écrivent votre histoire. »
Dans vos consultations, vous associez médiumnité, intuition et guidance. Comment se déroule concrètement une séance avec vous, et quelle place accordez-vous à l’échange avec la personne consultante ?
Avant toute chose, je prends toujours le temps d’expliquer à la personne ma façon de fonctionner, avec toutes les précisions nécessaires. Il est essentiel pour moi qu’elle comprenne le cadre, le sens de la consultation, et la manière dont les informations peuvent se manifester et évoluer.
Ensuite, je commence par transmettre tous les messages que je reçois, sans poser de questions, sans chercher à obtenir la moindre information sur sa vie. C’est très important pour moi. Je souhaite que ce qui vient soit le plus pur possible, sans influence extérieure. Je ne veux rien savoir à l’avance, car les questions ou les détails peuvent orienter, même inconsciemment. Mon rôle est de transmettre ce qui se présente, dans sa justesse.
Ce n’est qu’après cette première transmission que la personne peut, à son tour, me poser ses questions. Cela permet de compléter, d’éclairer certains points, ou d’aborder des domaines précis qui la préoccupent.
Mais au-delà des messages, j’aime aussi donner des clés. Mon objectif n’est pas seulement d’informer, mais d’aider à débloquer des situations, à faire avancer les choses. Cela peut passer par un conseil, la lecture d’un livre, un rituel symbolique, une prise de conscience, ou parfois simplement un changement de regard.
« Chaque consultation est un accompagnement. »
Je ne me contente pas de dire, j’aide aussi à comprendre, à agir, et à ouvrir de nouvelles possibilités.
Vous accompagnez souvent des personnes traversant des périodes de transition ou de deuil. Comment la médiumnité peut-elle aider à apaiser ces moments sensibles sans créer de dépendance ?
Lorsque les personnes reçoivent une communication avec un défunt, cela leur apporte un apaisement immense. C’est souvent un moment très fort, qui soulage, qui rassure, et qui permet de se sentir à nouveau relié à l’être aimé.
Certaines personnes ressentent parfois une légère déception, car elles aimeraient recevoir encore plus de messages, prolonger cet instant, entendre davantage. Mais je leur explique toujours avec sincérité que ce n’est pas moi qui décide.
« Je ne contrôle pas ce qui vient. »
Je transmets uniquement ce qui m’est donné.
Les défunts transmettent d’abord les messages essentiels, ceux qui peuvent aider, guider, apaiser, ou éclairer le chemin de la personne. Ensuite, la communication peut devenir plus profonde… ou s’arrêter. Chaque chose a son propre rythme, sa propre intelligence.
Il est également très important pour moi qu’aucune forme de dépendance ne s’installe. Je veille à cela avec beaucoup d’attention. Mon rôle est d’aider les personnes à avancer, pas de les rendre dépendantes des consultations.
Il m’arrive même, lorsque quelqu’un reprend rendez-vous trop rapidement, de refuser ou de reporter la consultation. Je prends alors le temps de lui expliquer que c’est trop tôt, que les choses ont besoin de temps pour se mettre en place, et qu’il n’est pas bénéfique de solliciter trop souvent ses guides ou les défunts.
Je les rassure toujours, en leur expliquant que le lien existe, qu’il n’est pas nécessaire de le forcer, et que les messages arrivent au bon moment.
Mon objectif est de préserver l’équilibre, l’autonomie, et le chemin personnel de chacun, dans le respect de ce qui doit se vivre naturellement.
À la radio, dans l’émission C’est votre avenir sur Sud Radio, vous intervenez en direct auprès des auditeurs. Qu’apporte ce format public et spontané à votre pratique ?
Ce format d’émission est essentiel pour moi, car il permet d’aider des personnes qui n’ont pas forcément les moyens de consulter, mais aussi d’apporter une réponse à ceux qui vivent une situation urgente et ressentent le besoin d’être éclairés. Il permet aussi d’offrir des clés à ceux qui écoutent, des prises de conscience qui peuvent éclairer leur chemin et les aider à débloquer certaines situations dans leur vie.
Votre livre Ces signes qui ne sont pas des coïncidences met en lumière le rôle des synchronicités. Selon vous, comment reconnaître un signe authentique d’un simple hasard ?
Même s’il est essentiel de garder les pieds sur terre et de ne jamais tomber dans l’excès, je suis convaincue qu’il n’y a pas de hasard. Il existe des signes, discrets parfois, mais porteurs de sens pour ceux qui apprennent à les reconnaître.
Comment les voir ? Comment les comprendre ? Comment distinguer ces signes qui ne sont pas de simples coïncidences ?
À travers mon expérience et les nombreuses synchronicités qui ont jalonné ma vie, j’ai appris à les identifier, à les écouter, et à en comprendre le sens.
En découvrant mon histoire, les lecteurs pourront eux aussi ouvrir leur regard. Ils apprendront à reconnaître leurs propres signes, à faire confiance à ce qu’ils ressentent, et à comprendre que ces synchronicités sont souvent là pour les guider.
Car lorsque l’on commence à y prêter attention, on réalise qu’elles ont toujours été présentes.
Vous insistez sur une parole simple et sincère, loin des promesses spectaculaires. Comment définiriez-vous votre éthique dans la pratique de la voyance aujourd’hui ?
Dans mon éthique, mon objectif est avant tout d’aider la personne, afin qu’elle retrouve sa force intérieure et qu’elle n’ait plus besoin de consulter par la suite. Le but n’est jamais de créer un besoin, ni de profiter de la fragilité de quelqu’un, mais au contraire de l’accompagner vers plus d’autonomie, de compréhension et d’apaisement.
« Il m’est arrivé, à mes débuts, de tout transmettre sans filtre. »
Mais avec l’expérience, j’ai compris l’importance de m’adapter à la personne que j’ai en face de moi. Certaines sont plus sensibles, plus vulnérables, et ne sont pas toujours prêtes à entendre certaines informations. Il est essentiel de respecter leur rythme, leur capacité à recevoir, et de faire preuve de justesse et de discernement.
Il y a aussi des personnes qui souhaitent entendre uniquement ce qu’elles espèrent, ce qu’elles désirent profondément. Dans ces cas-là, je préfère être honnête et leur recommander de ne pas consulter. Une consultation doit être un espace de vérité, pas un moyen de confirmer des attentes ou de nourrir des illusions.
« Mon rôle est d’aider avec sincérité, respect et responsabilité,
toujours dans l’intérêt de la personne. »
Que diriez-vous à une personne qui ressent une intuition forte ou une sensibilité particulière, mais qui n’ose pas l’explorer ?
À une personne qui ressent des intuitions mais qui n’ose pas s’en servir, je lui dirais d’écouter cette part d’elle-même et de ne pas avoir peur d’avancer. Lorsque nous portons cette sensibilité, ce n’est pas un hasard. Elle est là pour une raison, et souvent pour aider, pour guider, pour apporter quelque chose aux autres.
J’ai moi-même constaté que tant que je refusais ce don, ma vie semblait plus bloquée, comme si je n’étais pas pleinement alignée avec ce que je devais être. C’est lorsque j’ai accepté cette part de moi que les choses ont commencé à se débloquer, naturellement.
Mais je lui dirais aussi d’avancer avec prudence et responsabilité. Il est essentiel d’apprendre, de comprendre, de se respecter soi-même et de respecter les autres. Ce chemin demande du discernement, de l’humilité, et une évolution progressive.
Je lui conseillerais de prendre le temps de se découvrir, de ne pas se précipiter, et de construire sa pratique avec la même conscience que celle que j’ai développée au fil du temps et de l’évolution de mon propre don.
Car ce n’est pas seulement un don, c’est aussi une responsabilité.
Enfin, quelle est votre vision de la voyance et de la médiumnité dans les années à venir : voyez-vous évoluer la manière dont le public les perçoit et les utilise ?
Je pense que depuis quelques années, il y a une véritable ouverture à la spiritualité. Les mentalités évoluent. Autrefois, ces sujets étaient rejetés, incompris, et ceux qui ressentaient ou percevaient différemment étaient parfois exclus ou condamnés. Aujourd’hui, la parole se libère, les consciences s’ouvrent, et ces expériences sont de plus en plus écoutées.
Je constate également que de plus en plus d’hommes s’autorisent à explorer cette dimension, à écouter leur intuition, à s’ouvrir à ce qu’ils ressentaient parfois en silence. Cela montre que ce mouvement est profond et qu’il touche chacun, au-delà des croyances ou des profils.
Je suis convaincue que nous allons vers de grandes avancées. Petit à petit, nous comprendrons mieux ces dimensions encore invisibles, ce lien subtil entre le visible et l’invisible.
Nous avançons vers un monde plus ouvert, plus conscient, où la spiritualité et la compréhension intérieure auront une place plus naturelle, plus respectée.
Contact : www.marieseverine.fr


