Un medium peut-il offrir un coup de main à l’humanité ?

Par Anne Bouquet, journaliste

La médiumnité existe depuis la nuit des temps. Souvent décriée et malmenée, cette capacité à relier le visible et l’invisible a pourtant toute sa place dans notre société.

Mischa Harmeijer, médium installé près de Carcassonne, est réalisateur.

Avec son regard ouvert et sa passion pour l’image black & white, il a invité plusieurs personnalités à débattre de la médiumnité, de son essence et de sa raison d’être.

Un magnifique documentaire est né. L’occasion de favoriser les échanges et d’interpeller les consciences.

Interview.

Mischal Harmeijer, avant de parler de votre documentaire, faisons connaissance. Quel a été votre parcours en tant que medium ?

Je suis néerlandais. J’ai vécu une partie de ma vie aux Pays-Bas, près de Rotterdam.

Quelque chose était présent dans ma vie, quelque chose d’étonnant.

 

« Je voyais des présences autour de moi. J’avais des échanges avec des esprits. »

 

Je sentais aussi les personnes de mon entourage. J’avais une perception innée de ce qu’elles vivaient, de ce qu’elles ressentaient. Je voyais aussi leurs problèmes de santé…

Mes parents me considéraient comme un enfant différent. Mais pour moi, tout était normal…

À l’adolescence, je me suis posé des questions. Est-ce que j’étais sujet à des problèmes psychologiques ? Je suis passé par une période noire. Je dois préciser que j’ai vu à cette époque des scènes sombres, teintées de violence et de négativité. J’étais très mal.

À l’école, je n’étais pas en phase. Je me suis arrêté tôt.

J’étais destiné à travailler dans l’entreprise de mes parents. J’ai suivi le mouvement. J’ai vécu cela comme une prison. J’étais âgé de 25 ans.

J’avais une passion pour la réalisation et la photographie mais je n’ai pas pour autant plongé dans le bain. J’étais comme dans un no man’s land.

 

Vous êtes venu vous installer en France et tout s’est mis en place, peu à peu…

J’ai souvent rêvé que je vivais en France. J’avais un objectif :  m’installer un jour en France. C’était une évidence, un besoin vital.

Avec mon ex-femme, j’ai décidé d’acheter une maison dans votre pays, et d’ouvrir des chambres d’hôtes.

Je suis parti. J’ai posé les pieds en France. Je respirais à nouveau.

La médiumnité était toujours là mais je n’exerçais pas à l’époque et mon entourage à l’époque ne m’y aidait pas.

C’est à ce moment que j’ai décidé de tout quitter de cette vie d’avant.

 J’étais en phase d’introspection. J’avais rencontré des grands médiums aux Pays-Bas. J’explorais dans mon coin, sans parler de ce lien puissant avec l’invisible à qui que ce soit.

Je me sentais très seul mais sans doute fallait-il en passer par cette phase…

J’ai repris confiance grâce à de nouvelles rencontres : ma femme, mon beau-père…

 

« Il y a trois ans, j’ai décidé de mettre ma médiumnité sous la lumière. »

 

J’ai ouvert mon cabinet, j’ai parlé de cette facette de moi à mon entourage, sans gêne.

Je me suis senti à ma place, libéré. J’ai proposé mes services en tant que médium spirite et magnétiseur.

Je reçois les personnes chez moi. Je suis clairaudient, clairvoyant et médium spirite.

 

« Mais on ne vient pas me voir pour des consultations de voyance. »

 

Je suis un intermédiaire entre les vivants et les défunts et je m’emploie à délivrer les messages, à fluidifier la communication.

Lors de ces contacts, j’ai une particularité qui peut sembler de prime abord troublante et difficile à vivre : je revis physiquement le moment où les défunts sont partis : accidents, maladies, suicides…Ceci passe par un tourbillon de sensations, de douleurs et d’états émotionnels.

Je ne regarde jamais les photos de défunts que peuvent m’apporter les consultants.

Je pars avec cette ligne de conduite : « Je ne sais pas qui est présent ». Je ne veux pas me laisser dicter par mon ego en observant une photographie. Dès que je suis en contact, je prends la manière de parler du défunt. Je m’efface pour ainsi dire.

Chaque contact est unique. Parfois, c’est l’occasion de réparer les liens, de comprendre pourquoi il y a eu telle ou telle difficulté dans une famille. Et puis, il y a l’aide au deuil tout simplement et notamment lors des contacts avec des enfants défunts.

 

Des coups de pouce pour les vivants

Lors des séances, avec l’aide de mon guide, on amorce parfois un travail de réparation et de guidance.

En cas de maladie, j’invite les personnes à aller consulter rapidement.

Un jour, une femme est venue me voir et elle avait souvent mal à la tête. J’ai tout de suite vu qu’elle avait un souci grave. Je lui ai demandé d’aller voir rapidement un médecin. Elle m’a rappelée, elle avait une tumeur au cerveau et fort heureusement, elle a pu être soignée à temps.

En parallèle à ces séances, je pratique aussi le magnétisme. Il s’agit de libérer et d’apaiser le corps et l’esprit. Je cible le nœud qui a permis à la maladie de s’installer.

Depuis mon installation, je crois que je donne moi-même un coup de main à celles et à ceux qui viennent me voir.

Parlons maintenant de votre documentaire, qui est très esthétique et apaisant. Comment est-il né ? Quel est son fil conducteur ?

J’adore le noir et blanc. J’ai réalisé plusieurs courts métrages par le passé. C’est un univers qui me ressemble.

Un jour, mon fils m’a susurré à l’oreille : « Mais pourquoi tu ne fais pas de documentaire sur la médiumnité ? »

Cela a provoqué un déclic. Avec le recul, j’ai pris conscience que mon métier de réalisateur était un outil idéal pour partager autour de la médiumnité avec le plus grand nombre.

Au départ, je n’avais aucune idée.

Sophie, mon épouse, qui est aussi ma productrice, a mis toute son énergie afin que naisse notre projet.

Je dois préciser qu’en France, je ne connaissais personne qui gravitait dans ce milieu de la médiumnité. Les rencontres ont pu se faire grâce à de belles synchronicités.

C’est ainsi que j’ai découvert le Dr Jean-Jacques Charbonier qui a créé un pont entre la science et la spiritualité.

J’ai lu ses livres et je l’ai appelé. J’étais poussé vers lui.

De là, d’autres contacts sont apparus.

 

Des témoignages de tout horizon

J’ai donné la parole à onze intervenants tels que Etienne Drapeau, président de la revue « Au-Delà », le Docteur Franck Gisclard, médecin généraliste, le Père Edouard Laportalière, prêtre à Foix, Geneviève Delpech qui est médium, le Dr Jean-Jacques Charbonier, réanimateur-anesthésiste, auteur et conférencier et à bien d’autres encore.

J’ai posé sept questions identiques à chacun comme :« À votre avis, la société actuelle a-t-elle bien accepté la médiumnité ? », « Que peut apporter un médium dans notre société ? », « Comment voyez-vous le rôle de la médiumnité dans l’avenir ? ».

Chaque intervenant a répondu avec sa propre expérience de vie, sa propre ouverture sur le sujet.

 

« Ce film évolue avec une même évidence : la médiumnité est quelque chose de simple, elle a toujours existé et elle doit rester simple. »

 

 

Il est inutile de s’encombrer de techniques diverses et variées pour entrer en médiumnité.

Il ne s’agit pas de croire en la médiumnité, de la provoquer.

Il faut simplement la vivre.

Nous avons travaillé durant sept mois, le documentaire dure 1h14 et en parallèle, Sophie a écrit le livre « Un médium peut-il offrir un coup de main à l’humanité ? »

Ce dernier reprend l’intégralité des entretiens que nous avons enregistrés avec nos intervenants et quelques récits liés à des messages de l’Au-delà.

Nous avons fait le choix de faire connaître ce documentaire à travers des projections dans différentes villes (Paris, Biarritz, Villefontaine…).

Nous sommes aidés par des associations d’aides au deuil pour organiser ces échanges. Toutes les informations sont sur mon site.

À noter que ces projections ont lieu dans des cinémas. Les spectateurs sont ainsi plongés dans le noir, le silence et ils se laissent porter par les images et les voix des intervenants.

Après la projection, le public prend la parole. Les expériences de vie se racontent, les interrogations peuvent s’exprimer, les résistances tombent en poussière.

Nous entendons faire voyager ce film à part. Si certaines associations sont intéressées, elles peuvent se mettre en contact avec nous.

La médiumnité mérite de sortir de l’ombre.

 

 

 

Site de Mischa Harmeijer : https://mischaharmeijer.com

Mischa Harmeijer consulte sur rendez-vous dans son cabinet à Saint-Martin de Villereglan, département l’Aude entre Carcassonne, Castelnaudary et Limoux, ou par téléphone. Tél : 09 70 40 31 75.

 

 

 

 

 

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