Rencontre avec Joris le Cointre, jeune médium

 

Par Anne Fiori, journaliste

 

Joris Le Cointre est un petit nouveau dans la famille des médiums spirites. Il donnera sa première conférence, suivie d’une séance publique de contacts avec les défunts, le 29 avril à Orléans.

Interview.

 

Votre médiumnité semble avoir été présente dès votre enfance. Racontez- nous quelques bribes de votre vie de medium en devenir…

Petit garçon, j’ai toujours été solitaire, calme et mûr par rapport aux enfants de mon âge.

À l’âge de 8 ans, j’ai commencé à voir des gens dans ma chambre et inutile de préciser que j’avais très peur…

Je les voyais comme le commun des mortels, je pensais qu’ils étaient bien vivants car ils en avaient toutes les caractéristiques.

Le soir j’éteignais la lumière, je me cachais sous la couette mais je continuais à les voir même en fermant les yeux. Je voyais des images, des saynètes et j’entendais leurs voix. Ces personnes parlaient entre elles et j’étais leur spectateur.

Bien entendu, j’en ai parlé à mes parents mais ils n’étaient pas du tout ouverts à tout ce qui touche à l’Au-delà ou à la spiritualité.

Ils ont simplement pensé à une peur du noir.

Du coup, inquiets de me voir dans un tel état récurrent, ils m’ont conduit chez un psychologue…

Ce dernier m’a fait dessiner ce que je voyais dans ma chambre.

Il m’a demandé de mettre une croix sur ces individus qui m’apparaissaient,  en me disant à chaque fois que ce que je voyais et entendais était faux.

Il m’a longuement expliqué le fonctionnement de l’imaginaire chez les enfants.

Au bout d’un moment, j’ai commencé à croire en ce professionnel.

Peu à peu, je n’ai plus vu ces personnes, je n’ai plus entendu leurs voix mais au fond de moi, je les sentais toujours là…

 

Au cours de votre adolescence, comment avez-vous évolué avec cette faculté particulière ?

J’ai grandi comme n’importe quel garçon de mon âge même si j’étais toujours de nature très  calme.  Par contre, je n’avais toujours pas les mêmes envies que mes copains de classe. J’étais un peu en retrait, « ailleurs ».

Un jour, ma grand-mère maternelle est décédée. J’avais vu auparavant la maladie faire son travail, ce qui avait d’ailleurs profondément choqué mes yeux d’enfant.

Quand on m’a annoncé son départ, je n’ai pas réagi alors que j’aimais beaucoup ma grand-mère. Mon comportement m’a d’ailleurs surpris. Pas de tremblement intérieur, pas de chamboulement émotionnel…Rien.

Cette attitude a peut-être froissé mon entourage mais en réalité, c’est comme si elle n’était pas vraiment partie. Je le sentais, elle était toujours présente.

Au fil du temps, convaincu que la vie continuait après la vie, j’ai réalisé de nombreuses recherches sur le sujet pour pouvoir communiquer avec ma grand-mère décédée. Je suis tombé sur toute sorte de techniques : la communication par le Ouija, l’écriture automatique…etc. Je cherchais un moyen de contacter ma grand-mère et j’ai été séduit par la technique de l’écriture automatique car elle me semblait simple et elle ne nécessitait que peu de moyens matériels.

J’ai alors expérimenté. J’ai pris une feuille blanche, un stylo.

La première fois, cela n’a pas fonctionné.

J’ai recommencé. Alors que j’attendais une éventuelle connexion avec ma grand-mère, j’ai senti sa présence ainsi que celle d’une personne que je ne connaissais pas, derrière moi. Mais le silence régnait.

Au bout d’une demi-heure, je me suis agacé et je leur ai dit : « j’essaie de  vous contacter et vous me regardez sans réagir, sans rien dire ! »

Et là, j’ai été coupé dans mon élan, j’ai entendu d’un ton posé : « mais tu n’as pas besoin de ça… »

J’ai alors vécu une sorte de rétrospective de ma courte vie. En quelque secondes, c’est comme si on m’avait mis face à moi-même. Un sentiment étrange à décrire avec des mots…

À partir de ce jour-là, j’ai recommencé à voir et à entendre de nouveau les défunts, de manière un peu différente du temps de mon enfance.

Les voix étaient plus intériorisées mais plus nettes et les corps étaient en légère transparence.

J’en ai de nouveau parlé à mes parents… qui ne m’ont toujours pas cru. J’ai donc du prouver que ce que j’entendais et ce que je voyais était bien réel.

Des tests pour donner des preuves

Ma mère m’a fait passer un test : elle avait des connaissances avec qui elle avait parlé de ma capacité et elle m’a donné leurs noms sur une liste.

Je n’étais pas très avancé avec cette liste mais j’ai joué le jeu car je savais qu’il fallait que j’apporte des preuves à mes parents.

Je tiens à préciser que le fait de ne pas être cru ou entendu par son entourage est parfois difficile à vivre mais je peux comprendre avec le recul que tout ceci peut déranger et heurter l’entendement de certains (sourires).

Sur cette liste, j’ai vu quelques scènes se dérouler devant mes yeux en m’attardant sur certains noms. Puis je me suis concentré sur un prénom en particulier et j’ai vu que le père de cette femme (qui était une connaissance de ma mère) était décédé. Je l’ai entendu me parler et celui-ci a dit une seule phrase : « l’anneau gastrique n’était pas nécessaire ».

Je l’ai répété à ma mère qui est restée interloquée.

Pour mener son enquête jusqu’au bout, elle est allée voir cette femme et elle lui a répété ce que j’avais vu et entendu. Cette femme a été pour le moins surprise car son père était en effet décédé en se faisant poser un anneau gastrique…

Suite à cet épisode au demeurant irréel, ma mère a commencé à me « croire ».

 

« Je me suis retrouvé à communiquer avec les défunts. »

 

Dès lors, je me suis retrouvé avec cette capacité à communiquer avec les défunts sans trop savoir quoi en faire. J’en ai parlé à des amies au lycée mais elles ne me croyaient pas, elles non plus. Elles m’ont fait passer des tests en me tendant des photos de personnes décédées lors des temps de récréation.

Une amie m’a notamment passé la photo d’un homme décédé.

Je l’ai vu apparaître comme un être humain mais en transparence et il m’a dit : « quand elle venait chez moi, nous allions faire le tour de l’étang   qui se trouvait en bas de ma maison pour nous raconter les dernières nouvelles ».

 

« Mon amie est devenue blême et elle a confirmé mes dires. »

 

Ces apparitions pouvaient être sauvages, non voulues pendant mon enfance puis peu à peu en grandissant, j’ai compris que je pouvais être entièrement libre de ces communications avec ce que nous appelons l’au-delà.

En me mettant sur une certaine « fréquence », je pouvais me connecter à eux. Mais je pouvais aussi refuser de voir en restant dans un mode de fonctionnement lambda. Un peu comme si je possédais un bouton « on » et « off » !

Cela a été un grand soulagement de voir que je pouvais vivre une vie complètement normale à côté de cette capacité venue de je ne sais où.

Au lycée, bon nombre de mes copains et copines dessinaient leurs projets de vie : études supérieures, villes où ils auraient aimé vivre, métiers qu’ils souhaitaient un jour embrasser. Pour ma part, c’était le vide total. Je n’avais aucune envie, aucune passion, aucun intérêt particulier à part la médiumnité qui prenait toute sa place en moi.

De mois en mois, de plus en plus de personnes m’ont en effet demandé de réaliser des consultations gratuites et amicales : connaissances, amis, parents d’amis. J’étais en quelque sorte en apprentissage.

 

« J’apprenais à recevoir et à transmettre les messages de mieux en mieux. »

 

Je me suis retrouvé par le fil du hasard en Bac Pro chimie. J’ai passé mon diplôme en me disant que ce serait une sécurité pour plus tard au cas où je n’arriverais pas à faire mes preuves en tant que futur medium.

Pour moi, l’avenir rimait avec médiumnité, contacts avec les défunts et la voyance puisqu’en plus de recevoir des messages du monde invisible, j’avais aussi cette faculté de voir dans le temps.

Bien entendu, comme beaucoup de jeunes mediums, j’ai lu de nombreux livres traitant d’ésotérisme. Mais j’ai été un peu déçu par tous ces écrits car je ne me reconnaissais pas dans ces explications péremptoires.

Du coup, j’ai fermé les livres, je les ai rangés et j’en suis arrivé à la conclusion que j’avais mon propre fonctionnement et que je devais me faire confiance mais aussi faire confiance au monde invisible.

Ma curiosité m’a poussé à me rendre à des conférences de médiumnité publique, afin de voir comment des médiums spirites réputés travaillaient face à de très nombreuses personnes.

Au fond de moi, je savais, depuis mes 14 ans que  j’animerai aussi des séances publiques. Mais je devais encore être « à l’école » pour apprendre et comprendre.

 

Vous vous êtes installé comme medium dès vos 18 ans et vous donnerez votre première conférence et séance publique en médiumnité le 29 avril à Orléans…

Après mon Bac, je me suis inscrit en faculté de psychologie. J’ai souhaité comprendre ces phénomènes extrasensoriels mais je n’ai pas obtenu de réponse par le biais de ces études… J’ai juste intégré le fait que ce n’était pas une invention de ma part, que je n’étais pas atteint d’une maladie mentale (sourires). C’était déjà pas mal…

J’ai alors dû accepter le fait de ne pas avoir d’explications sur ce que je vivais au quotidien. J’ai suivi ces études en psychologie et j’ai arrêté au bout d’un an pour me lancer pleinement dans la médiumnité.

Je me suis installé à mon compte et je propose des séances privées de médiumnité à Orléans et à Saint-Nazaire. Je loue également des bureaux à la journée dans d’autres villes de France.

J’avais commencé à donner des consultations en voyance mais pour tout vous dire, j’ai préféré renoncer.

Je n’étais pas à l’aise avec le fait d’entrer autant dans la vie des gens, dans leur intimité. Je ne voulais pas avoir d’emprise sur qui que ce soit car malheureusement, souvent les consultants remettent leur destin entre les mains du voyant. Ce qui ne me plaît pas du tout.

 

Donc j’ai arrêté la voyance et je me suis concentré sur les contacts avec les défunts.

 

J’aide maintenant celles et ceux qui veulent retisser le fil avec leurs chers défunts.

 

Le 29 avril à Orléans

Et puis j’ai réalisé qu’il était temps pour moi de me lancer.

C’est ainsi que le 29 avril à Orléans, je vais donner ma première séance publique de médiumnité. Les participants pourront apporter des photos de leurs défunts et j’établirais le contact avec eux en deuxième partie.

En première partie, je donnerai une conférence sur le parcours d’un jeune medium car croyez-moi, il a beau être semé d’embûches et de remises en question, il est aussi rempli de moments très drôles !

Évidemment je ne vais pas vous cacher que je suis un peu stressé par cette première conférence, mais je suis heureux de voir que mes envies prennent vie.

Je me laisse guider par cette énergie qui me pousse à transmettre ces messages de l’invisible.

Quel bonheur de pouvoir témoigner sur le fait que la mort est une étape et que la vie continue encore et encore !

Contact Joris Le Cointre : http://www.jorislecointre.com

 

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